L'animateur du jeu emblématique de France 2 a annoncé qu'il quittait "Motus" à la rentrée prochaine. Il a profité de l'éclairage médiatique que lui offrait cette annonce pour parler de son passé d'enfant battu et de son rôle d'ambassadeur pour l'Unicef.

C'est l’événement télé de la semaine : Thierry Beccaro a annoncé qu’il lâchait « Motus ». Il est toujours à l’antenne, avec Myriam Seurat, la co-animatrice, tous les jours en fin de matinée sur France 2, mais il n’y sera plus à la rentrée prochaine. L'animateur l’a expliqué dans la presse : c’est lui qui a décidé de partir. Il commençait à avoir du mal à se renouveler, à faire toujours les mêmes blagues et il veut faire d’autres choses, plus de théâtre notamment. 

Un monument de la télé

Il faut, d’abord, mesurer l’ampleur du phénomène « Motus » : ce jeu existe depuis 29 ans, il est présenté depuis le début par la même personne et il est leader en audience sur sa tranche horaire. C’est un monument de la télé ! Alors à quoi tient ce succès ? Sans doute pas aux règles du jeu... qui sont pourtant fascinantes. Pour résumer, c’est un Mastermind avec des lettres : il faut trouver un mot, et à chaque proposition, on indique au candidat si les lettres sont bonnes, mauvaises, ou bonnes mais mal placées. Une fois qu’on a trouvé le mot, il faut piocher une boule, sur laquelle figure un chiffre. L’objectif est de remplir une ligne, sur une grille de loto. Vous me suivez ? C’est un savant mélange de gymnastique intellectuelle et de hasard. 

Une identité sonore

Mais attention à ne pas piocher la boule noire, qui fera résonner le mythique "Oh, oh oh oh oh". Et on en vient tout naturellement à la clé du succès : l’identité sonore de « Motus ». La musique, les gimmicks et les jingles : voilà ce qui rend ce jeu tellement attachant ! Inutile d'en rajouter : Thierry Beccaro rigole et fanfaronne, mais jamais trop. Il s’efface devant les vraies vedettes de l’émission, qui sont les candidats : il a trouvé la juste place. 

Beccaro, le traumatisme de l'enfance

Et pour lui rendre un hommage complet, il faut aussi parler de son traumatisme. Thierry Beccaro a été battu par son père quand il était enfant. Il l’a révélé dans un livre publié l’année dernière, intitulé : « Je suis né à 17 ans ». Et cette semaine, il a profité de l’éclairage médiatique que lui apportait ce départ de « Motus » pour en parler à nouveau, dans une vidéo bouleversante diffusée par Brut :

Cette douleur indicible, il l’a transformée en sourires, car c’est de cette enfance brisée que vient son envie de devenir animateur télé. Thierry Beccaro est désormais ambassadeur de l’Unicef, l’agence des Nations Unies qui défend les enfants. En France, un enfant est tué par ses parents tous les cinq jours. Parler de maltraitance, c’est augmenter les chances que ces violences contre les enfants soient repérées et signalées. Beccaro met sa notoriété et son capital sympathie au service d’une cause importante. Son témoignage, douloureux, est indispensable. Il donne de la voix. Ce n’est pas rien, quand on présente depuis trente ans un jeu qui s’appelle « Motus ». 

  • Légende du visuel principal: Thierry Beccaro anime Motus depuis la création du jeu, en 1990. © AFP / GUILLAUME SOUVANT
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