Filmé pendant la première vague de coronavirus, ce documentaire diffusé sur France 5 montre la dure réalité du combat contre l’épidémie. Ces images en situation de crise offrent une occasion de réflexion sur le fonctionnement de l'hôpital public, mais aussi sur l'acharnement thérapeutique.

Les caméras de France 5 se sont installées en réanimation, à la Pitié Salpêtrière, pendant plusieurs semaines.
Les caméras de France 5 se sont installées en réanimation, à la Pitié Salpêtrière, pendant plusieurs semaines. © No School Productions / S.W.I.M.

Alors que les hôpitaux français sont à nouveau sous tension, voilà un film qui vient mettre des images concrètes sur ce que vivent au quotidien ceux et celles qui prennent soin des malades. Ce documentaire a été tourné au printemps 2020, pendant la première vague de coronavirus. Isabelle Wekstein et Olivier Taïeb ont passé plusieurs semaines en immersion à la Pitié Salpêtrière, à Paris, le plus grand hôpital d’Europe. Ils ont installé leurs caméras dans les services de pneumologie, de médecine intensive et de réanimation. "Quant l'hôpital retient son souffle" est diffusé sur France 5 mardi 10 novembre à 20h50. 

Galerie de portraits et réflexion sur le fonctionnement de l'hôpital public

Ce documentaire est d’abord une galerie de portraits de métiers. On y voit des infirmières, des cadres de santé, des médecins, des aides soignants, des psychologues, des personnels techniques… tous et toutes au travail, puis se confiant face caméra. Ils et elles disent leur vocation, leur fierté, leur engagement. Mais aussi les salaires trop bas, le manque de considération, l’exigence de rentabilité. On touche du doigt les tensions entre les différents corps de métier au sein de l’hôpital. On assiste à des discussions très vives, notamment  autour des problèmes de masques et de blouses. Mais on voit surtout la lutte, pied à pied, contre cette maladie.  

Certains passages sont bouleversants, même si les images, le cadrage, sont très respectueux des malades. On assiste par exemple au moment où l’équipe médicale prend la décision d’arrêter les soins sur une femme de 57 ans, parce que tout a été tenté. Faire plus serait de l’obstination déraisonnable. La réanimation, c’est aussi savoir quand il faut arrêter. Réflexion très riche, au passage, sur l’acharnement thérapeutique. 

L'hôpital à cœur ouvert

Je retiens aussi une séquence qui regonfle à bloc. Un malade du coronavirus âgé de 24 ans, qui a traversé des heures très sombres. Il a frôlé la mort. Et puis finalement, après trois semaines d’hospitalisation et quelques jours dans le coma, il est extubé. Autrement dit, on le libère du respirateur artificiel. Ce jeune patient est fier d’être un trophée pour les médecins ! Son émotion, son sourire, crèvent l'écran malgré son masque. Ce gars-là est un rayon de soleil, dans un ciel par ailleurs bien sombre.   

On peut reprocher à ce documentaire de partir un peu dans tous les sens, de ne pas avoir choisi d’angle précis. J’y vois au contraire une photographie, un instantané foisonnant et précieux. On a rarement l’occasion d’observer ainsi un hôpital à cœur ouvert. Cela donne envie de reprendre d’urgence les applaudissements le soir à la fenêtre.  

Quand l’hôpital retient son souffle (durée 1h15) : mardi 10/11/20 sur France 5 à 20h50. Le documentaire sera suivi d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse.  

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