Adaptation d'une émission britannique, "Escape, 21 jours pour disparaître" débarque sur RMC Découverte. Une chasse à l'homme grandeur nature sur le territoire français. L'enquête est parfois un peu grotesque, mais on regarde ce jeu en se demandant si on serait soi-même capable de disparaitre sans laisser de trace...

Ce n'était évidemment pas prévu, mais voilà un programme qui fait écho à l'actualité, quelques jours à peine après l'arrestation de Rédoine Faïd. "Escape, 21 jours pour disparaître" est un jeu d'aventure, adapté d'une émission britannique ("Hunted"). Les deux premiers épisodes sont diffusés mercredi 10 octobre sur RMC Découverte. C'est une course poursuite grandeur nature, sur tout le territoire français. Le concept, c'est de disparaître pendant trois semaines sans se faire repérer par les "enquêteurs" de l'émission. 

Jouer au gendarme et au voleur

Pour tout vous dire, j'étais très inquiète avant de regarder, parce que je craignais que ce soit Le Prix du danger : un film de 1983, avec Michel Piccoli et Gérard Lanvin. Piccoli incarnait l'animateur d'un jeu télé atroce : un candidat devait échapper à des mercenaires chargés de lui tirer dessus. Un film glaçant et très perturbant.

Mais je vous rassure, on est très loin de tout ça. Rien d'anxiogène dans "Escape" : ce seraient plutôt des grandes personnes qui jouent au gendarme et au voleur ! Les fugitifs ont le droit de se faire aider par qui ils veulent pour se cacher, et de prendre tous les moyens de transport. Ils peuvent aussi brouiller les pistes ! Comme ce candidat marseillais qui, avant de filer se planquer à Lyon, a pris soin de téléphoner à un hôtel à Béziers depuis son téléphone portable... Il était sûr que les enquêteurs chargés de les traquer - d'anciens militaires, un expert informatique, ou encore un ancien négociateur du Raid - vérifieraient ses appels. 

Une traque qui sonne un peu faux

Question immédiate : si les enquêteurs peuvent surveiller les appels des candidats, utilisent-ils de vrais moyens policiers ? Non, bien sûr. Et on touche là à un gros bémol : la traque sonne faux. Parce que les enquêteurs - encore heureux - n'ont pas le droit de faire de perquisitions ni de consulter les images de vidéosurveillance. Mais ils font comme si ! La boîte de production (EndemolShine) joue en fait les intermédiaires. Par exemple, quand les enquêteurs demandent à consulter les images de vidéosurveillance de Grenoble, on va leur dire si oui ou non le fugitif est passé par Grenoble. Mais seulement si ils demandent pour la bonne ville...

Parfois, le "pour de faux" devient carrément grotesque. Ainsi, quand la psycho-criminologue découvre qu'une candidate a signé une pétition contre la souffrance animale, l'année dernière : "En général, les gens qui aiment les animaux ont un très bon relationnel donc ça va l'aider dans sa cavale", explique notre experte en fronçant les sourcils. Voilà de la belle enquête en carton ! 

Et moi, à qui demanderais-je de l'aide?

Mais finalement tant mieux, parce que c'est drôle ! Cela rend le divertissement efficace. Et puis la meilleure raison de regarder ce jeu, c'est qu'on passe son temps à se demander : et moi, comment ferais-je si je devais disparaître? Ou irais-je me cacher? A qui demanderais-je de l'aide? Avouez que c'est un fantasme ultime : s'évaporer, disparaître du jour au lendemain ! D'ailleurs qui sait si je serai là demain matin? 

« Escape, 21 jours pour disparaître ». Les deux premiers épisodes mercredi 10 à 20h50 sur RMC Découverte. La suite mercredi prochain.

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L'enquête des "experts" à la recherche des candidats en cavale sonne franchement faux, mais le divertissement est efficace. © Abacapress Jérôme DOMINE
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