Jake Gyllenhaal incarne un critique d'art snob et drôlatique dans le nouveau film de Dan Gilroy, disponible sur Netflix. La prouesse de ce film : parvenir à un mélange des genres entre la caricature d'un milieu (celui de l'art contemporain de Los Angeles) et le film d’horreur arrosé d'humour noir.

La traduction littérale du titre donnerait : "scie circulaire de velours". Velvet Buzzsaw est disponible sur Netflix depuis quelques jours. Au départ -soyons sincère - je voulais voir ce film uniquement parce que l'acteur principal s'appelle Jake Gyllenhaal. Mais en fait, le comédien n'est pas le seul intérêt, promis ! C'est le nouveau film de Dan Gilroy, à qui l'on doit "Night Call", sorti au cinéma en 2014 : l'histoire glaçante d'un journaliste obsédé par les faits divers et prêt à tout pour être le premier à les filmer. 

Satire drôlatique

Dan Gilroy s'attaque cette fois à un tout autre univers : celui de l'art contemporain. Le film démarre comme une savoureuse satire : Gyllenhaal incarne un critique d'art de Los Angeles, blasé et très imbu de sa personne, tout autant que ses amies, une directrice de galerie et une vendeuse d'art (campée par Toni Colette, formidable actrice : souvenez-vous, c'est elle qui jouait la mère dans Little Miss Sunshine). John Malkovich est également au casting, dans le rôle d'un artiste très coté en panne d'inspiration. Des personnages snobs, obsédés par l'argent : la caricature est bien plantée et très drôle. Tout le monde opine du chef avec admiration quand le critique, devant un tableau, s'écrie : "La couleur. La vie. J'adore". Et puis il y a cette fascinante installation d'art contemporain : une énorme sphère en métal dans laquelle on doit plonger son bras. Elle est bourrée de capteurs et de technologie, explique la galeriste : la sphère génère tout une variété de sensation en fonction de la personne et du trou qu'on choisit d'explorer. "Exactement comme dans la vie", précise-t-elle élégamment. Tout ça est drôle et très sympa... sauf qu'on se demande un peu, au début du film, pourquoi il est déconseillé aux moins de 16 ans...

De très inquiétants tableaux

Mais c'est aussi un film d'horreur ! L'assistante de la galerie d'art découvre, chez son voisin, qui vient de mourir, des dizaines et des dizaines de peintures. Ce voisin avait clairement dit qu'il voulait que ses toiles soient détruites à sa mort. Mais leur potentiel est flagrant, alors on passe outre les volontés de l'artiste... et on fait grimper les enchères ! Et les toiles vont se révéler très très dangereuses. Déjà effrayants quand ils étaient immobiles, les personnages dans les tableaux se mettent à bouger... Seraient-ce des hallucinations? Je n'en dévoile pas trop. Sachez juste, pour les amateurs de film d'horreur, qu'on peut ranger "Velvet Buzzsaw" dans la catégorie slasher : autrement dit, on comprend assez vite que tout le monde (ou presque) va y passer mais la question est de savoir quand et comment ! 

Ce qui est savoureux, c'est le mélange des genres. Moitié comédie satirique, moitié film d'horreur. D'ailleurs la fameuse sphère... mieux vaut ne pas y mettre son bras, en fait, si on tient à le garder ! Et quand quelqu'un  se vide de son sang au milieu d'une galerie d'art contemporain, tout le monde croit que c'est une œuvre d'art. Bref, l'humour noir est au rendez-vous. 

Dan Girloy dénonce le cirque des apparences, l'hypocrisie, la cupidité et ce qu'il en coûte de contrarier les volontés d'un artiste, mais sans jamais réellement se prendre au sérieux : c'est un équilibre assez réussi. Enfin je vous donne mon avis... mais ne me permettrai pas d'émettre une critique : je tiens à la vie !

"Velvet Buzzsaw" : un film produit par Netflix, disponible depuis quelques jours pour les abonnés. 

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Jake Gyllenhaal © Getty / Steve Granitz/WireImage
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