Le plongeur Laurent Ballesta s'est infiltrée dans une meute de requins gris pour tenter d'en percer les énigmes et les stratégies de chasse. Son film est une passionnante odyssée scientifique et offre au passage des images plus que spectaculaires sur ce ballet aquatique unique au monde.

700 requins dans la nuit : le titre du documentaire pourrait suffire à vous convaincre de le regarder, non? C'est un film complètement fascinant. Une immersion au cœur d'une meute de requins, grâce au biologiste et plongeur Laurent Ballesta. Nous sommes dans l'atoll polynésien de Fakarava, en plein milieu du Pacifique. Dans une passe, c'est à dire une vallée de corail sous l'eau, Laurent Ballesta a trouvé une armée silencieuse, impressionnante : 700 requins gris dans cette petite vallée d'à peine 200 mètres de large. C'est une densité unique au monde. Alors il a voulu percer les mystères des lieux : comprendre ce qui pousse ces requins à se regrouper, et surtout comment fonctionne le groupe. Est-ce une horde sauvage ou une meute organisée ?

Odyssée scientifique

Le ballet des requins gris, mais aussi de leurs proies, les mérous, et de leur prédateurs, les grands requins marteaux, est époustouflant. Le regard des requins quand ils frôlent la caméra est indescriptible... Mais ce qui est encore plus passionnant, c'est de suivre de près cette odyssée scientifique. Car notre biologiste est venu sur place avec une vingtaine de plongeurs et de spécialistes. Laurent Ballesta :

On n'osait pas s'approcher de la meute, on la filmait de loin, on craignait toutes les mâchoires qui pouvaient dépasser de cette boule de requins impénétrable. On a ensuite commencé à oser descendre un peu, en gardant toujours nos distances. A ce niveau-là, c'est arrivé qu'on commence à se faire bousculer par les requins ! Et on s'est aperçus que nous n'étions pas des cibles, nous étions des obstacles. C'est là qu'on s'est dit qu'il y avait un semblant d'organisation sociale : on avait l'impression de voir des stratégies différentes chez chaque requin.

L'équipe enquête sur le fonctionnement social de la meute. On découvre notamment que le requin solitaire est maladroit, il a un mal fou à attraper des poissons. Il essaie d'avaler le mérou, ouvre grand sa mâchoire, mais la proie s'en sort souvent (là encore les images sont dingues). Mais il est plus fort en équipe ! C'est pratique, les petits camarades, notamment pour encercler les proies. Sauf qu'après, contrairement à la meute de loups, les requins ne partagent pas le butin, c'est chacun pour soi ! 

Requin en état d'hypnose

Pour comprendre le fonctionnement social du groupe, les scientifiques ont placé des capteurs et des caméras embarquées sur les requins. Je vous donne le truc pour immobiliser un requin, ça peut toujours servir : il faut l'attraper et le retourner sur le dos. Il tombe immédiatement en état d'hypnose, en catalepsie ! Ce qui permet aux chercheurs de placer leur caméra sans se faire croquer et sans faire mal au requin avec un hameçon ou autre. Finalement, dans ce documentaire animalier, les bêtes curieuses, les animaux fascinants, ce sont aussi les scientifiques. 

700 requins dans la nuit : documentaire de Luc Marescot, avec Laurent Ballesta. Disponible en replay sur le site d'Arte jusqu'en août. 

Rediffusions sur Arte le 10/06 à 16h et le 19/06 à 9h25.

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