Coup de projecteur sur deux séries d'animation françaises qui illustrent la vivacité et la diversité du secteur. Dimitri est un charmant petit oiseau à voir sur France 5 et Molang un gros lapin tout aussi attachant, diffusé sur Canal Plus et TF1.

Le festival international du film d'animation vient de démarrer à Annecy. Je profite de ce prétexte pour vous présenter deux petites bestioles made in France. Voici d’abord Molang, un personnage kawaii. Phénomène important que le « kawaii » : c’est un mot qui signifie « mignon » en japonais et dont la meilleure ambassadrice s’appelle Hello Kitty. Vous la connaissez forcément, elle a été déclinée en produits dérivés jusqu’à plus soif. Molang est un peu le cousin éloigné de cette Hello Kitty. C’est un lapin rondouillard qui rigole beaucoup.

Molang le gros lapin

Vous n’avez rien compris ? C’est normal. Molang et son copain Piu Piu parlent une langue bien à eux, mais on comprend tout de même très bien ce qu’il se passe ! La genèse de ce dessin animé, surtout, est intéressante. Roch Lenner, le patron d’un studio d’animation français, était en voyage en Corée du Sud il y a quatre ans quand il est tombé sur un émoticône qui représente ce lapin tout rond. Juste un émoticône destiné à être utilisé dans les conversations par SMS et sur les réseaux sociaux. Il décide d’en acheter les droits et de le transformer en dessin animé. Et c’est un carton impressionnant : Molang, qui est diffusé sur TF1 et Canal Plus, s’exporte aujourd’hui dans le monde entier. Le fait qu’il n’y ait pas besoin de traduire les dialogues, justement, facilite l’exportation. Joli succès pour une série entièrement conçue et fabriquée en France.

Dimitri le petit oiseau

La deuxième petite bête est un oiseau nommé Dimitri. Je l’adore. Dimitri est un étourneau qui s’est égaré en Afrique pendant sa migration. Il est le personnage principal d’un autre dessin animé, diffusé sur France 5 et fabriqué à Rennes, au studio « Vivement lundi ». Univers totalement différent puisque Dimitri est en 3D : ce sont des figurines en résine qui sont animées et filmées image par image (ce qu’on appelle le stop motion). 

Dans un décor africain de toute beauté, Dimitri apprend à affronter sa peur de l’inconnu, à faire connaissance avec les animaux de la savane. Il devient copain avec Makeba la girafe. Chaque épisode, très court, est une ode à l’ouverture vers les autres et une immense bouffée de tendresse. Et c’est un boulot colossal : il faut en moyenne une journée de tournage avec les figurines pour fabriquer huit secondes d’un épisode. Allez jeter un œil, même si vous avez plus de quatre ans, sur la plateforme zouzous.fr, vous allez tomber sous le charme de Dimitri.

Alors pourquoi vous parler de ces deux bestioles ? Parce que Molang et Dimitri sont deux formats similaires, à destination d’un même public, mais ils sont très différents : ils incarnent l’immense diversité de l’animation dans notre pays, et sa vivacité. L’animation française est un secteur qui se porte bien. Si j’osais, je pousserais un cocorico, mais ça ferait trop d’animaux. Le savoir-faire et les talents sont là et le festival d’Annecy offre une belle occasion de le souligner. 

  • Légende du visuel principal: Dimitri, un petit oiseau venu d'Europe qui sympathise avec les animaux de la savane africaine. (c) Vivement Lundi © Vivement Lundi
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.