"The Eddy", c'est l'histoire d'un club de jazz et de tous les personnages qui gravitent autour. L'histoire de cette famille qui se rassemble autour de la musique. Cette série, réalisée en partie par Damien Chazelle et Houda Benyamina, est disponible depuis le 8 mai sur Netflix.

L'actrice Joanna Kulig interprète Maja, chanteuse dans ce club de jazz
L'actrice Joanna Kulig interprète Maja, chanteuse dans ce club de jazz © Netflix

Je dois dire que ce simple nom suffisait à aiguiser mon appétit : Damien Chazelle, devenu célèbre grâce à La La Land, est le producteur de cette série, il a réalisé les deux premiers épisodes et laissé ensuite la caméra à Houda Benyamina, dont on se souvient du film Divines, une pépite sortie en 2016 au cinéma. Alan Poul et Laïla Marrakchi on signé les quatre derniers épisodes. Cette série est un gros coup de coeur, d’abord parce qu’elle est très singulière. Il n'y a pas tellement de suspens, ni de cliffhanger à la fin de chaque épisode. Mais une atmosphère à nulle autre pareille. Et une large place laissée à la musique. C’est l’histoire d’un club de jazz à Paris.

Eliott, le patron de ce bar, incarné par l’acteur américain André Holland, est un ancien pianiste rangé des claviers, qui a quitté New York. Il a créé « the Eddy » à Paris, dans le Paris d'aujourd'hui,  quartier de Belleville, avec son ami Farid. Farid et sa femme ont mis toutes leurs économies dans ce projet fragile. Dans les rôles de Farid et Samira, on trouve un couple à la ville, Tahar Rami et Leila Bekhti : tous les deux sont exceptionnels. Impressionnante performance d’actrice de Leila Bekhti, surtout, dans le rôle d’un femme qui doit affronter un drame… que je ne vais surtout pas divulgâcher. 

Série mélodique et mélancolique

Il n'y a pas forcément besoin d'aimer le jazz pour apprécier cette série. Tous ceux qui ont vu et aimé Whisplash connaissent le talent de Damien Chazelle pour filmer la musique, pour l’installer en majesté. Le plan séquence qui ouvre le premier épisode, d’ailleurs, est une merveille.  Mais même si on n’aime pas spécialement le jazz, ou qu’on n’y connait rien (c’est mon cas), on peut être touché en plein coeur. Parce que c’est une galerie de portraits très sensible : chaque personnage, dont on apprivoise peu à peu les failles, les joies et les chagrins, devient diablement attachant. Il y a Eliott, Samira et Farid, donc. Mais aussi la fille d’Eliott, adolescente un peu paumée qui rejoint son père à Paris. La chanteuse du club (lumineuse Joanna Kulig, actrice polonaise). Et puis le jeune homme derrière le bar, Sim, un rappeur en devenir, mon chouchou de toute la série. Benjamin Biolay figure également au casting, dans le rôle du patron de maison de disque. Tous et toutes gravitent autour du club, et leur passion commune construit une nouvelle famille. C’est sans doute le sujet de la série, au fond : les familles qu’on se choisit. Le club de jazz est leur refuge, leur oasis hors du monde. 

Une intrigue criminelle vient s’ajouter à cela, elle est un peu faiblarde je dois dire et ne devient saillante qu’au septième et avant dernier épisode. Mais peu importe, l’essentiel est ailleurs. Il est dans la façon dont chaque personnage compose avec ses tourments, sa famille, sa bohème et sa passion. Il y a beaucoup de mélancolie, dans cette série, j’aime autant vous prévenir. Mais aussi une volonté farouche d’aller chercher la beauté là où elle se niche. Et avant tout, dans la musique. Le jazz avec ses improvisations, ses accélérations et ses ralentissements soudain, avec ses ruptures de rythme : le jazz comme métaphore de la vie, tout simplement.

The Eddy : série en huit épisodes, à voir sur Netflix

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