En 1988, John Mc Tiernan a réinventé le film d'action en filmant Bruce Willis en flic de New York aux prises avec des terroristes dans un immeuble de Los Angeles. Un film culte et indémodable.

Il est diffusé à peu près une fois par an, et vous êtes prié(e) de ne pas le rater. Piège de cristal est annoncé sur W9 ce lundi 11 mars à 21h. Je m'adresse à ceux qui sont allergiques aux films d'action. A ceux qui pensent que le premier épisode de la saga Die Hard n'est qu'une histoire sans intérêt qui explose dans tous les sens, avec du sang qui coule, des méchants très méchants et un gentil incroyablement héroïque. Non non non ! Enfin si, il y a des explosions, de l'hémoglobine, des méchants et un gentil. Mais Piège de cristal n'est pas un film d'action parmi d'autres. D'aucuns le considèrent comme un chef d'œuvre. C'est un film apprécié par de nombreux cinéphiles.

Forteresse de verre

Un immeuble de Los Angeles est pris en otage par des terroristes, qui  s'intéressent au gros paquet d'argent qui repose dans un coffre. Très bien organisés et lourdement armés, ils débarquent dans le gratte-ciel pendant la fête de Noël de l'entreprise installée au 30ème étage. Mais ils ne pouvaient pas prévoir qu'un flic ordinaire serait dans les murs à  ce moment-là. C'est John Mc Lane (Bruce Willis), un policier venu de New York, qui est en Californie pour passer Noël  avec ses enfants et sa femme, dont il est séparé et qui travaille justement au 30ème étage. Quand démarre la prise d'otage, il parvient à échapper à la vigilance des malfaiteurs. Démarre alors un jeu du chat et de la souris dans cette forteresse de verre et  d'acier. 

"Yipi Ka Yeah"

Avec ce film sorti en 1988 mais indémodable (contrairement aux tenues et aux coiffures des personnages), John Mc Tiernan, le  réalisateur, a réinventé le cinéma d'action. D'abord parce que John Mc Lane tranche avec les héros virils des autres films du genre : Bruce Willis (un quasi inconnu à  l'époque) n'est ni Schwarzenegger ni Stallone. Mc Lane est certes assez  costaud, mais il se distingue surtout par son sens de l'humour, sa répartie et son ironie. Ainsi quand le grand  méchant qui le traque (et avec qui il communique par radio) le traite de  cow-boy (il faut dire que le terroriste est allemand et que pour lui, ce satané flic américain se croit dans un western), Mc Lane répond un "Yipi ka Yeah, motherfucker" devenu culte. Une réplique que vous retrouvez dans les autres volets de "Die Hard", qui ne sont pas tous réalisés par Mc Tiernan et sont beaucoup moins bons. 

Huis clos au rythme extraordinaire

L'autre intérêt de ce film, en plus de son humour et de ses dialogues aux petits oignons, c'est le huis clos. Le rythme, la fluidité et le suspense reposent  sur un espace fermé - 40 étages en otage - que John Mc Tiernan parvient à exploiter et explorer de fond en comble. Le film d'action en huis clos et en temps réel sera ensuite beaucoup imité, mais Piège de cristal fait figure de précurseur en la matière. 

J'ai gardé pour la fin la meilleure raison de ne pas rater ce  film. Le méchant, Hans Gruber, personnage glacial et impitoyable, ressemble à... Guillaume Meurice ! Ce n'est pas un sosie, mais une fois qu'on y prête attention, c'est un peu perturbant. D'ailleurs, la prochaine fois que je vais croiser le reporter humoriste dans les couloirs de la France Inter, je risque d'escalader une bouche d'aération à mains nues ou de sauter à travers une vitre pour lui échapper. Piège de cristal made in Radio France ! Voilà  qui devrait convaincre les auditeurs hostiles aux films d'actions de jeter un œil à celui-ci.

Sur W9 lundi 11 mars à 21h. 

  • Légende du visuel principal: Bruce Willis et Bonnie Bedelia dans "Piège de Cristal" (1988) © Getty
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