Un remake américain avait été annoncé, on l'attend toujours. Mais pourquoi vouloir une copie quand l'original est aussi savoureux ? "L'Arnacœur" joue malicieusement avec les codes de la comédie romantique. Et ce film me permet même de vous faire écouter du Bourvil ! Si si.

Ma prescription télé du jour a rencontré un grand succès au cinéma : l’Arnacœur, de Pascal Chaumeil, est diffusé ce jeudi soir sur M6. Plus de 4 millions d’entrée en France à sa sortie en 2010. Mais il reste forcément des gens qui ne l’ont pas encore vu et je les envie, parce qu’ils vont pouvoir succomber pour la première fois aux charmes de ce film ! Le scénario est aussi malin qu’émouvant et les dialogues délicieux. Sans parler du casting aux petits oignons. Romain Duris et Vanessa Paradis, mais aussi les seconds rôles, hilarants : Helena Noguerra, la copine d’enfance nymphomane. Julie Ferrier et François Damiens, les associés bras cassés. C’est l’histoire d’un séducteur à gages. 

La drague, une science exacte

Et si on l’a déjà vu alors, on le revoit ? Oui ! Parce que c’est assez amusant à la lumière des débats sur la séduction qui traversent la société française en ce moment. « Il est devenu interdit de draguer, on ne peut plus importuner les femmes tranquille, gnagnagna. » Dans ce film, Romain Duris a fait de la séduction une profession. Il se base sur les informations qu’il récolte sur sa proie (elle aime manger du roquefort au petit déj, elle a un problème à l’épaule, etc) et il tente de s’en servir, comme si la drague était une science exacte. Derrière cette profession loufoque de briseur de ménage, il y a l’idée assez répandue que la séduction serait forcément un piège, une arnaque, un stratagème. C’est sur ce cliché aussi vieux que Don Juan que repose le charme de ce film. Mais le piégeur va évidemment se faire piéger à son tour. 

Pas encore de remake américain

Rien ne marche comme prévu. On s’y attendait mais ça n’enlève rien au charme. Parce que ce film joue avec les codes de la comédie romantique. Un genre aussi sucré que casse-gueule, et ô combien américain. D'ailleurs un remake américain de L’Arnacœur avait été annoncé il y a quelques années, et toujours rien. Mais pourquoi attendre une copie quand l’original est aussi savoureux ? 

Enfin, il faut aussi revoir ou re-revoir ce film en hommage à... Bourvil. Figurez-vous que la scène culte de l’Arnacoeur, dans laquelle Duris et Paradis rejouent LA chorégraphie torride de Dirty Dancing, censée se passer dans le sud de la France, a en fait été tournée à Joinville-le-Pont, chez Gégenne. Une célèbre guinguette des bords de Marne chantée par Bourvil en son temps. Pour moi qui aime autant Bourvil que Dirty Dancing, c’est du pain béni. Si on s'amuse à les mélanger, ça donne Dirty Bourvil ou Bourvil Dancing : je vous laisse choisir.

L’Arnacœur, un film de Pascal Chaumeil : jeudi 11 octobre sur M6 à 21h. 

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Romain Duris, "arnacœur" inoubliable dans le film de Pascal Chaumeil (2010) © Maxppp / Voix du nord / Max Rosereau
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