Zidane, Lizarazu et les autres affrontent sur TF1 une sélection des meilleurs joueurs de 1998. Nouvelle commémoration de la victoire des Bleus il y a vingt ans, qui nous offre l'occasion de réfléchir à l'utilité de la nostalgie...

Une rencontre au sommet, sur TF1 ce mardi soir. Encore plus fort que le face à face entre les dirigeants américain et nord-coréen : un match de foot entre les Bleus de 98 et une sélection des meilleurs footballeurs de l’époque. Zidane, Lizarazu, Laurent Blanc et les autres (sans Didier Deschamps, mondial 2018 oblige) face à Roberto Carlos ou Samuel Eto’o. Ce match est une initiative de Youri Djorkaeff.

Album de famille ou repas de famille 

Alors oui, je sais : y’en a marre des commémorations autour de ce mondial 98 ! On frôle déjà l’indigestion, même si le documentaire de Grégoire Margotton diffusé dimanche sur TF1, « les secrets d’une victoire », était remarquable. Mais là, ça n’a rien à voir : c’est le retour des joueurs sur le terrain. C’est la même différence qu’entre feuilleter un album de famille pour se rappeler les bons souvenirs… et aller à un repas de famille, pour revoir les gens en chair et en os : tout le monde a pris vingt ans dans la tronche (et dans le jeu de jambe), mais tout le monde est bien là, et la nostalgie n’en est que plus savoureuse.

Quand Zidane affronte Jankélévitch

Certains vous encore me reprocher de mettre de la philosophie partout, mais ce match pose la question de l’utilité de la nostalgie. Tendez l’oreille si vous préparez le bac philo. Jankélévitch disait : 

La nostalgie tient tout entière dans l’amertume du fait d’avoir été. 

Autrement dit : on souffre de la nostalgie parce qu’on vit dans le temps, parce que l’on sait que le passage du temps est irréversible. Vu sous cet angle, la nostalgie a un goût amer. Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants (bien sûr qu’on peut aussi citer Renaud et son Mistral Gagnant dans sa copie du bac).

Mais le plaisir de la nostalgie, c’est aussi le plaisir de lutter contre elle : de ne pas se laisser envahir par les regret et l’amertume. Et là, on brandit Épicure (dont l'histoire ne dit pas s'il était attaquant on défenseur) :

Il faut guérir les malheurs par le souvenir reconnaissant de ce que l’on a perdu.

L'idée est de contrer la nostalgie avec la gratitude, de jouer une émotion contre une autre. Parce que la gratitude, elle, reste : elle se ressent et se vit au présent. La gratitude nous libère de la nostalgie en transformant notre conscience du temps passé : elle ne se concentre pas sur le fait qu'il est passé, mais sur le fait que l'on a été heureux. Ce soir, on regarde donc Zizou et ses petits camarades, vingt ans après, non pas pour se désoler du temps qui passe, mais pour leur dire merci. Et ensuite, on éteint la télé pour réviser, parce que le bac philo, c’est dans moins d'une semaine !

Le match des légendes, mardi 12 juin à 21h sur TF1. 

Légende du visuel principal:
Le 12 juillet 1998, au Stade de France à Saint-Denis, du milieu de terrain de L'équipe de France de football, Zinedine Zidane, à l'issue de la finale de la Coupe du Monde de Football en France. © AFP / ACHIM SCHEIDEMANN / DPA
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