A voir sur le site de la chaîne régionale Wéo : « Jours de fête », un documentaire qui suit la préparation, l’organisation et le déroulement du festival annuel de Feigneux. Un portrait attachant et haut en couleur de la vie locale de ce petit village de l’Oise.

Comédiens, clowns et acrobates font vivre ce festival à Feigneux
Comédiens, clowns et acrobates font vivre ce festival à Feigneux © Avril Films

Ce documentaire de 52 minutes est une immense gorgée de vie et de fête : on en a bien besoin. Jours de fête est disponible gratuitement sur le site de Wéo, chaîne régionale des Hauts de France. Je vous emmène à Feigneux, village de 450 habitants près de Crépy-en-Valois, dans l’Oise. Une commune sans aucun commerce ni bistrot, mais où se déroule chaque année un festival de fanfare et de spectacle de rue : « Jours de fête ». Le titre est un hommage à Tati. Philippe Barrier a filmé les préparatifs pendant un an, jusqu’au jour J. Evidemment, c’était bien avant le coronavirus, du temps où l’on postillonnait dans son instrument en toute impunité...

Ce ne sont pas des musiciens professionnels, mais ils font preuve d’une énergie et d’un enthousiasme qui déplaceraient des montagnes. Ce festival, qui réchauffe chaque année un petit village pour ne pas qu’il s’endorme, est porté par une centaine de bénévoles. Ces gens-là, l’air de rien, bâtissent à Feigneux une utopie concrète. Un projet collectif, solidaire et festif. Ils abattent un boulot considérable, sans jamais se prendre au sérieux. 

On est des "bras-cassés", on n'est pas parfaits, mais on frise le génie de par notre imperfection. Parce qu'on compense ce qu'on ne sait pas faire par l'émotion et l'engagement qu'on y met, par la solidarité qu'on développe.

Un joyeux miracle local

Du théâtre de rue, des concerts, des mimes, des clowns, des acrobates. Il y a aussi un vide-grenier, pour faire venir un public plus large. « Jours de fête » a lieu en septembre, chaque année depuis quinze ans. Et chaque année, c’est un petit miracle, tant l’économie de ce genre d’événements est fragile. 

On voit mal comment le festival pourrait avoir lieu en 2020, malheureusement. Raison de plus pour regarder ce joli film. Et en 2021, tous à Feigneux ! L’année où a été tourné ce documentaire, en 2018, « Jours de fête » a été victime d’une grosse tuile : une tempête. Il faisait grand beau la veille, même chose le lendemain, mais le jour J, il a plu des trombes. Le vent soufflait à en décrocher les chapiteaux. Résultat, tout le public s’est retrouvé à tenir le barnum à bout de bras pour ne pas qu’il s’envole. Et même ça, c'est devenu un moment joyeux. Et puis quand le temps s’est calmé, la fête a pu reprendre de plus belle. Ces gens-là ont le chic pour tout transformer en sourire. J’ai l’impression de faire partie de leur bande de potes, pourtant je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus en vrai.

Je dois dire que j’avais un peu le moral dans les chaussettes, hier : le déconfinement est maussade. Quand retournerons-nous dans le studio de France Inter ? Et les concerts, les festivals, c’est pour quand ? Eh bien ce documentaire m’a rendu le sourire. Je dédie ce sourire au type qui a joué du trombone à sa fenêtre, dans ma rue, tous les soirs à 20h, et qui a illuminé mon confinement. Allez, aux cuivres, citoyens ! 

Jours de fête :  à voir sur le site de la chaîne Wéo 

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