Treize femmes en compétition pour conquérir le cœur d'un homme, dans une villa filmée en permanence. Servie par un casting exceptionnel, cette série signée Jonathan Cohen parodie la téléréalité et repousse avec enthousiasme les limites du bon goût. Hilarant.

Quel casting de dingue ! Florence Foresti, Laure Calamy, Adèle Exarchopolos, Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Céline Salette ou encore Camille Chamoux. Toutes interprètent les candidates d’une émission de téléréalité. Des femmes prêtes à tout pour conquérir le cœur d’un homme. Cet homme, c’est Jonathan Cohen. Et l’émission est présentée par l’irremplaçable Vincent Dedienne. 

"Qui devra quitter l'aventure?"

Aucun doute, dès les premières secondes : nous sommes dans une parodie des émissions de type Bachelor. Chaque épisode est construit comme de la vraie téléréalité : ça démarre par un résumé survitaminé de l’épisode précédent. Ensuite, les candidates sont soumises à une épreuve. Une épreuve d’humour, par exemple. Ou des olympiades aquatiques pas piquées des hannetons. Celle qui l’emporte gagne un rendez-vous galant avec Marc. Et à la fin de chaque épisode, une candidate doit « quitter l’aventure ». Quand Marc entre dans la pièce, toutes les candidates très maquillées, en robe de soirée, hurlent et agitent les bras. Le montage, le rythme, le suspens en carton, les moments d’intensité dramatique : tout y est, absolument tout, à la sauce potache. Et c’est très drôle.  

La saison 1 compte neuf épisodes de trente minutes, un peu long pour une parodie ? 

Le danger était grand qu’on ait vite envie d’arrêter, en effet. Parce que ce n’est pas une série réaliste avec des personnages complexes, à la personnalité nuancée, auxquels on s’attache petit à petit, mais plus une suite de sketchs. Ici chacun est défini par un seul trait de caractère, ou presque. Laure Calamy est une chrétienne fervente que Jésus a conduite jusqu’ici. Camille Chamoux une obsédée sexuelle, une femme libre et qu’on est souvent obligé de flouter à l’écran. Doria Tillier n’a aucune mémoire, elle oublie tout : hilarante quand elle essaie de séduire Marc avec des citations pleines de sagesse. Quant à Géraldine Nakache, elle est beaucoup plus intéressée par une autre candidate que par Marc. Il n’y a que lui pour ne pas comprendre tout de suite qu’elle est lesbienne. En somme, chaque personnage n’a qu’une seule facette. Mais c’est le propre des bons pastiches ! Et c’est justement parce que le trait est ainsi forcé à outrance que ça fonctionne si bien et qu’on a envie de rester avec eux dans la villa.

Entre parodie et humour burlesque

Les comédiennes prennent un plaisir visible à se vautrer dans la caricature et à repousser les limites du bon goût. Ma candidate préférée, c’est incontestablement celle incarnée par Leïla Bekhti : jalousie maladive, agressivité totale. Elle est là pour gagner, pas pour rigoler ! Elle est totalement flippante. 

Là où la parodie est maligne, c’est que Marc est encore plus ridicule que les candidates. Le personnage porté par Jonathan Cohen est d’une bêtise abyssale. Aussi bête qu’arrogant, d’ailleurs. C’est un superbe clown, au sens noble du terme. D’ailleurs, Camille Chamoux, dans une interview, a expliqué que cette série, selon elle, avait quelque chose de « The Party », le film de Peter Sellers. Et je suis bien d’accord. Ce n’est pas seulement de la satire, c’est de l’humour burlesque. La preuve que c’est réussi, c’est qu’on peut se faire embarquer dans cette série sans rien connaitre des codes de la vraie téléréalité. Vous verrez, vous allez brûler pour la Flamme. 

« La Flamme » : les trois premiers épisodes lundi 12/10 sur Canal Plus, pour les abonnés. 

  • Légende du visuel principal: Le panda a-t-il ses chances d'allumer la flamme ? © Julien Panié – Making Prod / Les films entre 2 et 4 / Canal +
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