Saviez-vous que l'archéologue campé par Harisson Ford devait beaucoup à Charlton Heston, Humphrey Bogart et Jean-Paul Belmondo ? A voir sur Arte, un documentaire à la fois divertissant et cinéphile montre que la saga Indiana Jones est pétrie de nostalgie de l'âge d'or hollywoodien.

Indiana Jones et le temple maudit (1984).
Indiana Jones et le temple maudit (1984). © AFP / 7e Art/Paramount Pictures / Photo12 via AFP

Quarante bougies, encore ! On a commémoré cette semaine l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand et la mort de Bob Marley, en 1981. Mais c'est aussi l'anniversaire de l’archéologue le plus célèbre de tous les temps, Le premier volet de la saga "Indiana Jones" est en effet sorti il y a quarante ans. Un documentaire divertissant et très malin sera diffusé vendredi 14 mai sur Arte : "Indiana Jones, à la recherche de l'âge d'or perdu" (déjà disponible sur le site de la chaîne). Il raconte la genèse et les coulisses de cet immense succès, fruit de la collaboration entre Steven Spielberg et George Lucas. Cela parait ahurissant aujourd’hui, mais à l’époque, personne n’y croyait, à Hollywood : raconter les aventures d’un archéologue dans les années 30, ça ne marchera jamais ! George Lucas a eu le plus grand mal à convaincre les studios. 

Mécanique d'action frénétique

Ce documentaire, signé Clélia Cohen et Antoine Coursat, décortique à merveille la recette Indiana Jones. En expliquant notamment la mécanique d’action frénétique. 

Peuplé d'horribles bestioles, d'objets qui passent de main en main, de pièges, d'ennemis qui surgissent de nulle part ou d'alliés qui s'improvisent traitres en un clin d'oeil, le film d'aventure selon Lucas et Spielberg est un emboitement permanent de péripéties. Ce film pose les prémices d'un cinéma parc d'attraction, que Spielberg parachèvera avec Jurassic Park. A partir de maintenant, on va au cinéma comme on va à Disneyland.

Le documentaire est nourri d’extraits des films, d’interviews des principaux concernés, mais aussi d’images d’archives souvent savoureuses, notamment celles où Harrison Ford fait le pitre entre deux prises, sur le tournage. 

Nostalgie de l'âge d'or d'Hollywood

Steven Spielberg se présente volontiers comme un cinéaste anachronique, il aime les films des années 1950 et 1960. Avec Indiana Jones, Lucas et Spielberg, dans les années 1980, relancent un genre qui était tombé en désuétude : le film d’aventures. Le personnage de l'archéologue, d’ailleurs, est directement inspiré par des figures plus anciennes. Il a l’arrogance de Charlton Heston dans « le secret des incas ». Il lui a aussi piqué son look vestimentaire: même chapeau et même blouson en cuir. Indiana Jones, c’est aussi le cynisme et la barbe de trois jours d’Humphrey Bogart dans « le trésor de la sierra madre ». Il a également un petit côté cascadeur et rigolo qui lui vient - chose incroyable - d’un petit Français que Spielberg adore : Jean-Paul Belmondo, dans « l’homme de Rio » de Philippe de Broca. Bref, cette saga qui connut un succès impressionnant dans les années 1980 est un concentré de nostalgie cinéphile. 

Dernière anecdote étonnante. Figurez-vous que le rôle n’aurait pas dû être pour Harrison Ford. Au terme des essais, c’est Tom Selleck qui avait décroché le rôle ! Mais Harrison Ford peut lui dire merci d’avoir signé, juste avant le casting, pour une petite série télé dont il ne pouvait se désengager… Magnum, évidemment ! Je me demande lequel des deux génériques, entre Magnum et Indiana Jones, va vous tourner dans la tête toute la journée. Ne me remerciez pas, c’est cadeau. 

« Indiana Jones, à la recherche de l’âge d’or perdu » : documentaire à voir sur Arte vendredi 14 mai à 22h45, ou quand on le souhaite sur arte.tv, puisqu’il est déjà en ligne. 

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