Répondre à des questions médicales embarrassantes posées par des téléspectateurs sans s'interdire d'en rire : le magazine de la santé, sur France 5, réussit le périlleux équilibre entre pédagogie, humour et bienveillance.

Tout le monde se pose la question de temps en temps : mais à quoi je sers, au juste? C'est un petit spleen professionnel de rien du tout. Eh bien elle, non, je suis sûre qu'elle ne s'est jamais posée la question ! Elle s'appelle Mélanie Morin et son boulot, dans le magazine de la santé, l'émission de Michel Cymès et Marina Carrère d'Encausse, est de répondre aux questions des téléspectateurs qui lui écrivent. Des questions... gênantes. 

Florilège : J'ai l'anus qui gratte : et si c'était un prurit ? Comment se débarrasser des glaires dans la gorge ? Je n'arrête pas de roter, que faire ? Le nombril et ses odeurs.

Jamais de fou rire

Évidemment, les animateurs et chroniqueurs se gondolent sur le plateau. Mais ce qui est très fort, c'est que cette journaliste parvient à rester sur une ligne de crête entre l'humour et la pédagogie. Elle cultive un humour pince sans rire manifeste, mais elle garde son sérieux et répond aux questions avec précision, après avoir contacté des spécialistes (ORL, dermatologue, proctologue ou autres). Jamais de fou rire qui l'empêche de terminer sa chronique : sacrée prouesse. Elle ne flanche pas et explique que la démangeaison anale peut être liée à un prurit, à une mycose, à de l'eczéma ou à des oxyures (de sympathiques petits vers fréquents chez les enfants). Savez-vous à qui cette journaliste me fait penser? A Doc et Difool !  

"Ça n'est pas sale !"

Le pédiatre et l'animateur animaient une libre antenne sur Fun Radio dans les années 90. J'ai contacté Mélanie Morin et elle me confirme que ces deux-là font partie de ses inspirations. On ne s'empêche pas de rigoler, mais avec bienveillance. Le maitre mot, c'est de dédramatiser. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle commence toujours ses chroniques en donnant le nombre de résultats sur Google que génère la fameuse question embarrassante : histoire de prouver à ceux que ça concerne qu'ils ne sont pas seuls. J'ai appris au passage que cette histoire de nombril qui sent mauvais a fait beaucoup réagir. Preuve, s'il en fallait une, que tout le monde s'intéresse à son nombril. Je suis en mesure de vous révéler le thème de la chronique d'aujourd'hui, en exclusivité mondiale : les petits pénis. Comme le disait Descartes :  

C'est proprement ne rien valoir que de n'être utile à personne. 

L'histoire ne dit pas si ce brave René sentait bon du nombril.  

Le magazine de la santé : du lundi au vendredi à 13h30 sur France 5.

Les chroniques de Mélanie Morin sont réunies dans un livre à paraître le 21 mars : Docteur, j'ai un ami qui... (Larousse) 

Sur le site d'Allodocteurs : ce que vous n'osez pas demander. 

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Homme se grattant les fesses © Getty / Jo McRyan
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