Elle est devenue célèbre très jeune et s'est peu à peu dérobée, cultivant sa légende et son mystère. Kate Bush, artiste pionnière, est au cœur d'un documentaire captivant diffusé sur Arte. A voir d'urgence, surtout si vous ne connaissez de cette chanteuse britannique que le tube "Babooshka".

C'est un bruit de vaisselle qui fait office de signature sonore. Dans "Babooshka", l'un des tubes de Kate Bush, ce bruit revient régulièrement. Ça n’a l’air de rien aujourd’hui, mais en 1980, c’était du jamais entendu. Kate Bush, dans ce morceau, a utilisé un Fairlight, l’une des premières machines à sampler. Voilà qui lui ressemble : la chanteuse britannique est une vraie pionnière de la pop, une défricheuse, une inventeuse. Arte consacre un documentaire passionnant à cette artiste perfectionniste, qui contrôle tout : c’est sans doute pour ça que certains la surnomment « la sorcière du son ». Sorcière : si le mot est profondément sexiste, on peut aussi se l’approprier et en faire un synonyme de liberté, de pouvoir, d’invention. 

Une pionnière qui explore de nouveaux sons

Ce morceau, « Babooshka », raconte l’histoire d’une femme qui met à l’épreuve la fidélité de son mari en se faisant passer pour une autre. On écoute les chansons de Kate Bush comme on ouvre un livre de conte : chacune raconte une histoire intime et universelle. Elle cultive au fil de ses albums une précieuse poésie de l’étrange. 

C’est aussi une artiste très mystérieuse. Elle fut célèbre très jeune, à 19 ans, et s’est ensuite peu à peu dérobée. Elle a disparu alors que son culte grandissait. Kate Bush est encore vivante aujourd’hui, mais très discrète. Aucun concert, aucune apparition sur scène entre 1980 et 2014, c’est ce qui s’appelle entretenir sa légende. 

Aussi beau qu'étrange

D’ailleurs, il n’y a pas d’image récente d’elle dans ce documentaire, mais des archives et des interviews de ceux qui ont travaillé avec elle. Notamment David Guilmour, guitariste des Pink Floyd : c’est lui qui a repéré Kate Bush et l’a présenté à sa maison de disque, alors qu’elle était toute jeune. Qui aurait parié qu’une inconnue de 19 ans, avec une chanson adaptée des « Hauts de Hurlevent », le roman d’Emily Brontë et un refrain impossible à fredonner... donnerait un tube planétaire ?

Dans le clip de cette chanson, « Wuthering Heinghts », Kate Bush danse dans la lande, vêtue d’une magnifique robe rouge. Chaque année, en juillet, le jour de l’anniversaire de la chanteuse, des centaines de fans se réunissent dans plusieurs villes du monde pour lui rendre hommage et reproduire, en robe rouge, cette chorégraphie lascive et vaporeuse. C’est aussi beau qu’étrange. On se dit en les regardant danser – en l’occurrence dans un parc de Berlin – que le mystère Kate Bush ne sera jamais percé... Et c’est tant mieux.

Kate bush, la sorcière du son, documentaire de Claire Laborey (52 minutes) à voir vendredi 13/09/19 22h30 sur Arte, ou quand on le souhaite sur le site web arte.tv.... ou ci-dessous !

  • Légende du visuel principal: Portrait d'une insatiable défricheuse de sons, attachée à son mystère. © Arte
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