Seul sur une île déserte, un naufragé renoue avec la nature. Ce film d'animation, sorti en 2016, est un concentré de grâce en même temps qu'une fable sur les différentes étapes de la vie d'un être humain.

Un homme tente de survivre sur une île déserte. Dit comme ça, ce n'est pas une histoire très originale, et pourtant c'est un immense coup de cœur. La Tortue rouge, diffusée sur Arte et disponible en replay jusqu'au 21 novembre : un film d'animation qui dure 1h15. Une merveille. Je le dis d'autant plus que je ne suis pas spécialement cliente, en général (honte sur moi) des films d'animation. Film français réalisé par un Néerlandais, Michael Dudok de Wit, avec la complicité des studios Ghibli, mythique studio d'animation japonais de Miyazaki.

C'est donc l'histoire d'un homme qui échoue sur une île déserte après une nuit d'orage. Il commence par explorer l'île, pour trouver comment survivre. Il se fabrique un radeau pour tenter de partir, mais son embarcation est percutée par un force mystérieuse venue du fond de la mer.

Film sans dialogue mais pas sans suspens

Il faudra plusieurs radeaux construits et saccagés avant qu'il identifie la coupable : un immense et majestueuse tortue de mer. Je m'en voudrais vraiment d'en raconter trop. Sachez simplement que l'on bascule à un moment vers le fantastique et qu'une femme à la magnifique chevelure rousse fait irruption dans l'histoire... 

Précision importante, c'est un film sans dialogue. Il y a de la musique et les bruits de la nature, mais pas un seul mot n'est prononcé. Et pourtant, on est tenu(e) en haleine du début à la fin. Le découragement de notre Robinson, ses accès de colère ou de grande joie sont merveilleusement racontés. Il y a une jolie touche d'humour, aussi, grâce aux petits crabes qui vivent sur l'île, qui sont comme des personnages, malicieux, toujours présents quelque part dans la scène. Les animaux, d'ailleurs, sont dessinés avec beaucoup de talent : les oiseaux, les grenouilles, les chenilles, les poissons... 

Une fable écolo

La nature en arrière plan, faite au fusain et à l'aquarelle, est d'une beauté inexprimable. Tout comme les couleurs : le vert de la forêt de bambou, les variations de gris dans les ciels d'orage, le bleu qui se décline à l'infini. C'est assez exceptionnel, de parvenir à être contemplatif sans jamais perdre notre attention. Message de prévention : attention, il est possible que ce film vous rende sensible à la beauté autour de vous. 

Je le conseille autant aux enfants qu'aux adultes, d'abord parce que sa fibre écolo ne fera de mal à personne. Il interroge notre lien à la nature. Mais il faut surtout voir La Tortue rouge comme une fable ou un conte. Plus que le récit d'une adaptation à un environnement, c'est celui d'un affrontement et d'une réconciliation avec la nature. Ce film raconte aussi notre rapport au temps, et les différentes étapes de la vie d'un être humain. C'est une grande gorgée de poésie et ça fait un bien fou. 

La Tortue rouge (durée 1h15), ce soir sur Arte à 20h55 ou en replay pendant une semaine. 

Légende du visuel principal:
Premier long métrage de Michael Dudok de Wit, réalisé avec la complicité des mythiques studios Ghibli et de la cinéaste Pascale Ferran pour le scénario.. © Wild Bunch distribution
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.