France 2 diffuse ce jeudi un reportage sur les problèmes de stocks de médicaments, en pharmacie et à l'hôpital. 1.200 médicaments d'intérêt thérapeutique majeur sont concernés par les pénuries cette année.

Si je vous parle du Luteran ou du Gabitril, ça ne vous dit peut-être rien. Mais parmi ceux et celles qui nous écoutent, beaucoup ont sans doute tendu l'oreille. Parce que c'est le médicament qui soignent leur endométriose ou leur épilepsie. Et surtout parce qu'ils ou elles ont du mal à trouver ces traitements en pharmacie, avec toute l'inquiétude et les risques que cela représente. 1.200 médicaments d'intérêt thérapeutique majeur sont concernés par les pénuries cette année, selon l'Agence nationale sécurité du médicament et des produits de santé. 

Les officines ne sont pas les seules touchées. La caméra de France 2 nous conduit dans un hôpital, à la Rochelle, qui est aussi victime de ces pénuries. Il y a un lien à faire avec la mobilisation des personnel des hôpitaux, dont on va beaucoup parler dans les journaux aujourd'hui. Un chef de service de l'hôpital de la Rochelle estime que l'équivalent d'un poste à plein temps est nécessaire pour gérer les ruptures de stock. Avec un personnel déjà à bout, c'est très lourd à porter. 

Prix et concurrence

Voilà pour le constat. Mais Wandrille Lanos, le journaliste d'Envoyé Spécial, se penche aussi sur les explications. Il a donc frappé aux portes des laboratoires pharmaceutiques... qui ont refusé ses demandes d'interview. Quelle surprise! Non, je suis mauvaise langue. On voit tout de même, dans ce reportage, un porte-parole du LEM, l'association qui représente les labos. Ce dernier explique, en gros, que si la France veut être livrée en priorité, il faut qu'elle paie les médicaments plus chers aux laboratoires. Car il faut bien avoir en tête qu'en France, le prix des médicaments (ceux qui sont remboursés par la Sécu) est fixé par les autorités. Résultat, ils sont souvent moins chers qu'ailleurs. Alors quand un médicament vient à manquer, le fabricant préfère vendre ceux qui lui restent dans des pays où la marchandise est achetée plus cher. Cela explique pourquoi l'Hexagone n'est pas prioritaire.

Délocalisations

Mais la clé du problème réside surtout dans les délocalisations. La grande majorité des médicaments vendus en France sont fabriqués à l'étranger. En Inde, notamment. Et le problème, c'est que le nombre de sous-traitants choisis par les labos est très réduit. Résultat, le moindre problème logistique chez eux a des conséquences désastreuses à l'autre bout de la chaine. Il serait plus raisonnable de diversifier les sources d'approvisionnement. Mais trouver un nouveau sous-traitant et le faire approuver par les autorités sanitaires, c'est long et ça coûte cher, explique le patron d'une usine indienne. Alors, quelles solutions? L'Assemblée a approuvé le 25 octobre un décret obligeant les industriels à avoir plus de stock. Reste à être certain que ces stocks iront bien vers le marché français. Il faudra sans doute affiner le dispositif. 

"Médicaments : alerte à la pénurie". Jeudi 14/11 à 21h sur France 2 dans "Envoyé Spécial", émission présentée par Elise Lucet.

  • Légende du visuel principal: Maud souffre d'épileptie. Son médicament est introuvable, elle redoute le retour des crises. © CAPA / France TV
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