Le 16 mars 1978, ce gigantesque pétrolier s'échoue à quelques kilomètres au large de Portsall, en Bretagne. RMC Story, à la date anniversaire, diffuse un documentaire qui ausculte le drame sur le plan technique et scientifique. Et qui fait un écho terrible à l'actualité, alors qu'une marée noire est redoutée en Vendée.

Une marée noire est redoutée sur les côtes atlantiques dans les jours qui viennent, après le naufrage, à 300 kilomètres au large, d’un navire italien, le "Grande America", qui transportait notamment du pétrole. Voilà qui ravive de terribles souvenirs en Bretagne... et à une date anniversaire, qui plus est. 

Demain, ça fera 41 ans. Le 16 mars 1978, l'Amoco Cadiz s’échouait à quelque encablures de Portsall, dans le Finistère, avec à son bord 220.000 tonnes de pétrole. Ce fut la pire marée noire de l’histoire européenne. Ce samedi 16 mars, la chaîne RMC Story diffuse un documentaire sur ce drame, qui fait un écho terrible à l’actualité - même si ça n'était pas prévu, bien sûr.

Décryptage scientifique et technique

Autant vous prévenir d’emblée, j’ai de grosses réserves sur la forme. A cause de la musique tapageuse omniprésente et de la voix off qui en fait beaucoup trop. Mais il serait dommage de s'arrêter à cela. Parce que ce documentaire propose un décryptage passionnant de la catastrophe, avec les témoignages de ceux qui y étaient, mais aussi des experts : météorologues, spécialistes maritimes, etc. Cela permet de comprendre précisément ce qu'il s'est passé. C'est le principe de cette série documentaires, "Hors de contrôle" : expliquer des drames sous l'angle technique et scientifique. D'autres épisodes sont consacrés, par exemple, à Tchernobyl ou à l'incendie sous le tunnel du Mont Blanc. 

Chronique d'une catastrophe annoncée

Ce qui est frappant, c’est qu’on est happé par le suspens alors qu'on connait très bien l'issue tragique de cette histoire. C'est un compte à rebours. A partir du moment où le capitaine de l'Amoco Cadiz constate qu'il ne maîtrise plus rien, que la barre ne répond plus, le pétrolier se met à dériver. Il faut vite identifier la panne et la réparer avant de s'échouer sur les côtes. 

Les conditions météo sont dantesques, le supertanker est à la merci du vent et des vagues. 

Rapidement, on comprend que la panne (une fuite d'huile dans la pompe qui alimente le gouvernail) est irréparable. L'Amoco Cadiz appelle alors à l'aide. Par chance, un remorqueur allemand est dans les parages. Ce bateau va tenter de tirer avec un câble le colosse à la dérive. Inutile de préciser que le capitaine du remorqueur se souvient de cette journée minute par minute. Il raconte comment la marée et la houle ont poussé le remorqueur a été traîné vers la côte par le pétrolier, irrémédiablement. Le remorqueur n'était pas assez puissant pour ce gigantesque bateau. 

Le câble finit par lâcher sous la pression. On en positionne un autre, difficilement. Et soudain, un choc violent secoue le supertanker : il a touché un rocher. La coque est percée sous la ligne de flottaison, c'est le début de la fin. L'équipage est évacué par hélicoptère en pleine nuit. A 10h du matin, le bateau se rompt en deux.

Le silence de la mer

Ensuite, le cauchemar. L'Amoco Cadiz, la gueule béante, vomit son pétrole sur les côtes bretonnes. 300 kilomètres de littoral dévastés. Et j'ai découvert - je l'ignorais - qu'au matin, on n'entendait plus les vagues ! Marguerite Lamour est la maire de la commune de Ploudalmezeau-Portsall :

Ce bruit sinistre et glauque des vagues qui ne peuvent plus avancer parce que le pétrole les alourdit. J’ai encore ce bruit dans les oreilles. On sent que la vague se fatigue à arriver jusqu’au sable. 

Quatre décennies plus tard, on perçoit une émotion intacte dans son témoignage. Comment ne pas penser alors au bruit de la mer qui déferle en ce moment sur les plages de Gironde et de Charente Maritime ? Ces plages où l'on craint l'arrivée prochaine de nappes de pétrole du Grande America.

"Hors de contrôle : le naufrage l’Amoco Cadiz". Samedi 16 mars à 20h55 sur RMC Story.

  • Légende du visuel principal: Amoco Cadiz : un nom gravé dans toutes les mémoires en Bretagne. © Capa
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.