Nombreux sont les infirmières et infirmiers furieux contre Nina, dont la saison 3 s'achève ce soir sur France 2. Contrairement à Urgences ou Nurse Jackie, cette série médicale française ne parvient pas à doser les histoires personnelles et le portrait d'un métier qui, justement, est en mal de reconnaissance.

 Annelise Hesme dans Nina, la série diffusée sur France 2
Annelise Hesme dans Nina, la série diffusée sur France 2 © France Télévision

Rendez-vous important pour les fans de Nina, l’infirmière de France 2 : les deux derniers épisodes de la saison 3 sont diffusés ce soir. 

Bernadette Fabrégas est rédactrice en chef du site Infirmiers.com, elle même ancienne infirmière. Depuis trois saisons, elle a pu constater la colère de ses collègues à l'encontre de cette série médicale qui affiche de très jolies audiences (3,7 millions de téléspectateurs mercredi dernier).

Un professionnel qui n'aime pas qu'on caricature son métier ?

Rien d'étonnant. Mais cela va plus loin, semble-t-il, que les flics mécontents des séries policières. Parce que cette Nina est infirmière par défaut : quand elle était plus jeune, elle a dû interrompre ses études de médecine. Dans la saison 3, elle les reprend, en parallèle de son travail. Elle n'accomplit jamais le moindre geste technique qui ressemblerait à celui d'une infirmière. En revanche, elle trouve souvent le diagnostic avant les médecins. 

Certes, Nina est une fiction, un divertissement 

Mais cela n’empêche pas de s’approcher un tout petit peu de la réalité. C’est ce que sont parvenus à faire Urgences, Nurse Jackie ou même Grey’s Anatomy : trois séries américaines que Bernadette Fabrégas apprécie, avec des scénarios qui reposent surtout sur les histoires d’amour, les histoires de famille (ou même sur des accidents invraisemblables dans le cas de Grey's Anatomy) mais quand ça bosse, ça bosse ! Les gestes professionnels installent un cadre crédible pour dérouler tout le reste.

Il faut toutefois rendre justice à Nina sur une chose : cette série française n’évite pas la question du manque de moyens. On se souvient d’Urgences qui dénonçaient les difficultés d’accès aux soins pour les Américains les plus pauvres. La saison 3 de Nina évoque la dérive vers un hôpital – entreprise, mais c’est loin d’être un thème central dans la série. 

Reste qu'on aurait changé de registre si la série avait montré des infirmières complètement à bout, désespérées, qui travaillent à flux tendu. Et finalement, la colère des soignants contre cette série franchement moyenne, qui mérite simplement de les faire zapper, montre l’ampleur de leur besoin de reconnaissance. Et ce besoin aurait pu avoir sa place dans le scénario !

Fin de la troisième saison ce soir à 21h sur France 2. La saison 4 est en train d’être tournée. 

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