La 6ème saison de Baby Boom démarre dimanche. Émission émouvante et qui rend un bel hommage aux soignants, mais qui interroge sur la frontière de l'intimité.

Accoucher devant les caméras
Accoucher devant les caméras © Getty / BSIP/UIG

C’est le retour de la bébé-réalité ! A partir de dimanche, TF1 diffuse la sixième saison de Baby-boom, une immersion dans la maternité de Poissy, en région parisienne : pendant un mois, 50 caméras y étaient installées 24h sur 24, dans les salles d’accouchement, dans la salle d’attente, dans la salle de repos du personnel, etc. On suit au plus près l’arrivée des femmes à la maternité, la douleur des contractions, l’angoisse des futurs parents, celle des soignants aussi parfois, et le premier cri du nourrisson. Tout est fait, bien sûr, pour qu’on s’attache à ces couples, l’histoire est bien racontée. Chaque épisode est construit autour d’un thème, celui de ce dimanche est consacré aux naissances prématurées. Autant être sincère : j’ai pleuré comme une madeleine.

C’est émouvant, une naissance, qu’on ait des enfants ou pas

Mais je n’ai pas cessé de me poser une question : pourquoi ces couples ont-ils accepté d’être filmés ? Question posée à EndemolShine, donc. Non, ils ne sont pas payés. Parmi tous les futurs parents qui sont repérés puis sélectionnés, à qui l’on propose d’être filmés, 20% finissent par accepter. Et l’argument qui les convainc, en général, c’est la vidéo souvenir ! Les couples le font pour avoir des images de la naissance de leur enfant. Comme si le fait de passer à la télé était un détail. C’est assez troublant. Et cela pose la question du sens du mot « intimité » : on ne voit aucun gros plan, je vous rassure, sur la sortie du nourrisson. Pas tellement de sang non plus. Mais ce qui se passe, l’arrivée d’un enfant, n’est-elle pas encore plus intime que les parties… intimes ? Quant au bébé, je me demande s’il ne sera pas en droit de reprocher à ses parents, dans quelques années, d’être venu au monde à la télé.

On peut aussi voir cette émission comme une archive du futur

Dans 20-30 ans, on regardera Baby-boom en s’étonnant, par exemple, que toutes les femmes accouchent avec les pieds dans les étriers, alors que ce n’est pas une position physiologique. Baby-boom est un marqueur de la médicalisation de la naissance (écoutez la "tête au carré" consacré à ce sujet) et cela nous paraitra dingue quand on sera sorti de cette idéologie.

L’intérêt de cette émission, c’est aussi de montrer des soignants épatants. Au moment où la violence obstétricale est au cœur du débat public. Au moment où émerge enfin l’idée que la patiente doit être avertie des gestes qui sont pratiqués pendant un accouchement (épisiotomie, forceps, etc), il me semble sain de montrer des sages-femmes dont l’engagement et la passion forcent l’admiration.

Cela dit, je me demande si on ne risque pas de voir s’éteindre l’espèce humaine, tout de même. Florence Foresti l’a très bien souligné dans un sketch : si les femmes savaient tout, plus jamais elles ne feraient d’enfant ! D’ailleurs on a toutes signé un pacte, on a promis de ne rien dire ! Ce n’est pas pour rien qu’on parle d’accouchement « par voix basse »...

Baby-boom, dimanche à 16h05 sur TF1.

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