Ces documentaires diffusés sur France 2, adaptation en français d'une production de la BBC, sont portés par la voix de François Morel. On y voit des animaux vivre à proximité de volcans hostiles, là où aucune forme de vie ne semble possible. Apprendre à s'adapter : voilà qui nous parle, ces temps-ci, non ?

Qu’y a-t-il de plus mignon qu’un ourson en train de courir après des saumons sur les bords du lac Kourile, en Russie ? Peut-être des bébés gnous qui apprennent à marcher quelques minutes après leur naissance, dans la plaine du Serengeti, en Afrique de l’Est ? Ou peut-être les centaines de tortues géantes qui s’abritent du soleil à l’ombre du même arbre, aux Seychelles. Ces images sont exceptionnelles et je vous mets au défi de ne pas fondre. Mais la mignonnerie n’est pas le sujet de ce documentaire ! Non, le sujet, ce sont les volcans et le soleil. Rendez-vous mardi 16 février sur France 2 (ou sur le site de France Télévision), pour "une planète parfaite". Troisième volet de la version française d’une production de la BBC, avec la voix de François Morel. Les Anglais de la BBC sont les patrons incontestés du documentaire animalier. Et vous constaterez que cette réputation n’est pas volée. 

Conditions extrêmes

Il s’agit ici de montrer à quel point les volcans et le soleil sont indispensables à la vie sur Terre et comment certaines espèces parviennent à s’adapter à des conditions extrêmes. Nous voici sur le lac Natron, en Tanzanie, au pied d’un volcan :

C'est l'un des lacs les plus corrosifs de la planète. L'eau remonte des profondeurs de la Terre. Elle est si chargée de substances chimiques qu'aucune créature ne peut s'en approcher. Aucune forme de vie ne semble possible dans ce paysage désolé. Pourtant, des oiseaux en ont fait leur refuge : des flamands nains, qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour venir ici se reproduire. 

Les images sont époustouflantes. Le mot est faible. Des centaines et des centaines de flamands survolent ce lac pour venir y pondre leurs œufs. Ensuite le lac s’assèche et l’on voit les bébés flamands, qui ne savent pas encore voler, se déplacer tous ensemble en courant, sur le sol rouge et écrasé de soleil, pour aller chercher de l’eau douce et échapper aux prédateurs. On voit aussi ces prédateurs, les marabouts, de grands échassiers, tourner autour de cette gigantesque crèche et attendre qu’un bébé flamand s’éloigne du groupe pour s’attaquer à lui. 

A hauteur d'animal ou d'insecte

Il y a là un sens du récit impressionnant, du suspens et parfois de l’humour. On se sent immergé dans la scène, à hauteur d’animal (et même parfois à hauteur d’insecte). Pour parvenir à ce résultat, il faut de la patience et pas mal de moyens. « Une planète parfaite », ce sont quatre ans de production et plus de 3.000 heures d’enregistrement dans une trentaine de pays différents. Plus de 200 personnes mobilisées. Mais le plus fort, c’est qu’on oublie qu’il y a une caméra. On assiste à une scène de vie animale, on est happé par le récit, et on ne se demande même pas : mais comment diable ont-ils filmer ça ? Comment ont-ils fait pour que les animaux ne soient pas dérangés par la caméra ? C’est là qu’un documentaire animalier est vraiment réussi : quand seul le récit compte, bien plus que les coulisses. Ceci dit, si vous voulez savoir comment ont été tournées ces images exceptionnelles, je vous recommande un des deux documentaires diffusés mardi dernier, et disponible lui aussi en replay sur le site de France Télé : « l’aventure ». Vous découvrirez notamment que les flamands nains en Tanzanie ont été filmés au drone mais aussi grâce à un aéroglisseur, et ce fut assez sportif ! 

Apprendre à s'adapter

Vous ferez aussi la connaissance des pinsons vampires de l’île Wolf, aux Galapagos, qui se nourrissent du sang de grands oiseaux marins (que ça ne semble pas déranger). Ou encore d’une grenouille dont le cœur s’arrête pendant tout l’hiver. Son sang est congelé et on la voit reprendre vie devant la caméra, c’est ahurissant. Ces images sont aussi rares que précieuses. On se dit parfois qu’i y a trop de choses dans ce documentaire, trop de chapitres différents, mais j’y vois un tableau impressionniste : chaque prouesse animal est une touche de peinture. Et on en retient, surtout, une chose : l’impressionnante capacité du règne animal à s’adapter aux situations extrêmes. Apprendre à s’adapter, je crois qu’en ce moment, nous avons besoin, collectivement, d’en prendre de la graine…

« Une planète parfaite. Du soleil aux volcans » : mardi 16 février sur France 2 à 21h, ou en replay

  • Légende du visuel principal: Aucune forme de vie ne semble possible sur le lac Natron, au pied d'un volcan tanzanien. Et pourtant... © BBC / France Télévision
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