Demain sur Arte, Marie-Monique Robin fait le récit d'un procès symbolique contre Monsanto et nous conduit à la rencontre des victimes du Roundup, herbicide le plus vendu au monde.

Roundup
Roundup © AFP / VOISIN / Phanie

C'est le récit d'un procès symbolique contre l'herbicide le plus vendu au monde. Un procès "pour de faux" qui tombe plutôt bien : l'Union Européenne doit décider la semaine prochaine de prolonger ou non l'autorisation du glyphosate, principal ingrédient du Roundup. Mardi soir, Arte diffuse le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin : le Roundup face à ses juges.

Ce n'est pas un vrai procès mais les juges sont de vrais magistrats, venus du monde entier

Ils se sont réunis l'année dernière, à La Haye, au Pays Bas, pour rendre un avis sur ce produit qui arrose les champs du monde entier, ou presque. A la barre, se succèdent les témoins, les victimes, les experts. Un seul absent : l'entreprise Monsanto qui a (quelle surprise) refusé de comparaitre. Tout le monde a un casque sur les oreilles, pour la traduction simultanée, car on parle toutes les langues, dans cette salle d'audience. On vient de France, d'Argentine, des États-Unis, de Norvège, d'Allemagne, du Danemark pour décrire les impacts du Roundup sur la santé humaine, sur celle des animaux d'élevage et sur la nature.

Quand un témoin ou un expert est à la barre, la caméra de Marie-Monique Robin en profite pour nous emmener dans le pays en question, avec des reportages souvent bouleversants. Le procès sert de fil rouge, ce qui rend le documentaire très dynamique. Le réquisitoire, surtout, est accablant et révèle l'ampleur de ce scandale sanitaire.

Parmi les séquences les plus marquantes, il y a cette équipe de chercheurs en Argentine qui fait du porte à porte auprès des gens qui ont été exposés au glyphosate parce qu'ils vivent près d'une exploitation agricole. On leur raconte les cancers, les fausses couches, les maladies du rein, ils prennent des notes scrupuleusement. L'un des responsables de cette étude est venu témoigner au procès de La Haye.

Viennent aussi témoigner une productrice de café à Hawaï, un représentant de producteurs de riz au Sri Lanka (où le glyphosate a été interdit suite à l'explosion de maladies rénales), une mère de famille française dont le fils est né avec une malformation du larynx (elle a pulvérisé du glyphosate dans son centre d'équitation, au début de sa grossesse, avant de savoir qu'elle était enceinte).

Évidemment, ce procès n'est pas du tout équitable

La parole de Monsanto manque. On aimerait les entendre expliquer pourquoi ils continuent d'affirmer que le Roundup est "aussi inoffensif que du sel de table." On aimerait leur avis sur cette étude, menée par la firme elle-même, qui conclue que le glyphosate est cancérigène. Étude protégée par le secret commercial mais révélée par un chercheur américain indépendant.

Ce film est salutaire car il permet de mettre des visages sur ce combat citoyen, jusque là presque inaudible. Il est très émouvant de voir se fédérer les colères individuelles venues des quatre coins du monde.

Mardi à 20h50 sur Arte : Le Roundup face à ses juges. C'est également le titre d'un livre de Marie-Monique Robin, aux éditions de la Découverte.

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