La quatrième et dernière saison de ce bijou comique est en cours de diffusion sur Netflix. Une série décalée, inventive, réjouissante, qui offre au passage quelques réflexions philosophiques ! On ira tous au paradis (même moi).

Un épisode par semaine, et c'est tout. Quel plaisir désuet : The Good Place fait partie de ces séries qu'on ne peut pas avaler d'un coup. Les trois premiers épisodes de l'ultime saison sont en ligne sur Netflix, le quatrième est attendu le 18/10. Enfin, je dis ça pour celles et ceux qui ont déjà vu les trois premières saisons. A ceux qui ne connaissant pas encore The Good Place (et qui sont abonnés à Netflix), je conseille de se précipiter sur cette série unique en son genre ! 

Le meilleur endroit

Le paradis est un endroit hilarant. Oui, parce que cette histoire est une formidable comédie et que les deux personnages principaux, Eléonore et Chidi, sont morts ! Ils apprennent au tout début de la première saison qu'ils sont au paradis. A quoi ressemble-t-il, alors? Au décor du Truman Show, un peu ! Vous vous souvenez de ce film avec Jim Carrey? Le "bon endroit" est un joli village propret et un peu kitch, où tout le monde est très souriant, très gentil, très poli, où l'on mange des glaces de toutes les couleurs. Bref, c'est un cauchemar ! 

Eléonore, en réalité, n'a rien à faire ici (on le comprend au tout début). Elle était odieuse et égoïste, de son vivant. Mais comme elle se plait bien dans ce "bon endroit", elle va tâcher de devenir quelqu'un de bien pour tenter d'y rester. Or Chidi, autre résident (qui lui n'est pas une imposture) était prof de philosophie morale avant de passer l'arme à gauche. Il va donc lui donner des cours d'éthique pour qu'elle s'améliore ! 

Altruisme et mensonges utiles

Le scénario est complètement foutraque. Chaque épisode de 20 minutes est truffé de rebondissements inimaginables, c'est un bonheur. Et mine de rien, tout cela pose des questions un peu vertigineuses, presque métaphysiques ! Peut-on feindre des vertus morales? Autrement dit, si je fais semblant d'être quelqu'un de bien, est ce que ça "compte"? Est-ce que ça a du sens, de vouloir devenir une meilleure version de soi-même, et comment y parvenir? Est-il immoral de faire quelque chose de bien pour de mauvaises raisons ? On s'interroge sur l'altruisme, sur les mensonges utiles et sur les crimes sans victimes. On se demande si la fin justifie parfois les moyens. Je ne veux rien divulgâcher, mais sachez que dans la saison 4, la dernière, on se demande carrément si l'humanité mérite d'être sauvée ! Bref, si j'osais, je vous dirais que "the Good Place" est idéal pour réviser le bac philo...

Le charme de cette série réside aussi dans les références à la pop culture : les dialogues sont truffés de des clins d'œil à des films, à des séries. Par exemple quand un personnage qui fait une déclaration d'amour cite, mot pour mot, une réplique de Julia Roberts dans Coup de foudre à Notting Hill ! Je vous rassure, on comprend tout de même si on ne repère pas ces références. J'en ai d'ailleurs sans doute raté une pelletée. 

"What the fork?"

Et puis il y a les gros mots. Ils sont interdits ! On ne peut pas prononcer de grossièretés au "bon endroit", elles ne peuvent pas sortir de votre bouche. Alors Éléonore utilise des jurons alternatifs. En VO, ça donne "fork off", qu'on pourrait traduire par "va te faire fourchette", mais les traducteurs ont choisi "va te faire loir" pour la VF (oui comme le loir, le rongeur). Toutes les grossièretés sont ainsi tordues et c'est tordant. Ce qui est certain, c'est que The Good Place est une "mutin" de bonne série !

«The Good Place», série américaine de Michael Schur avec Kristen Bell et Ted Danson. Saison 4, épisodes 1 à 3 sur 14. Les trois premières saisons sont également disponibles.

  • Légende du visuel principal: Mais que fait cette peste au Paradis? Kristen Bell, Ted Danson. © Netflix
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