La série est le fruit d'un partenariat entre TF1 et Netflix. Elle raconte le destin de trois femmes qui bascule à l'occasion d'un terrible incendie : celui du Bazar de la Charité, une vente caritative parisienne, en 1897. Le drame fit plus de 120 victimes, en grande partie des femmes.

Le Bazar de la Charité, qui démarre ce lundi 18 novembre sur TF1, est une "série événement", comme on peut le lire partout. Qu'est-ce que ça veut dire ? Eh bien ça veut dire très gros budget ! Plus de 17 millions d'euros pour huit épisodes. C'est un partenariat inédit entre TF1 et Netflix. D'ailleurs la série sera prochainement disponible sur Netflix. Un gros budget n'empêche pas un gros ratage, me direz-vous, mais là non : je vous recommande vivement cette fiction en costumes. Il y a de fortes chances que vous soyez scotché(e)s. 

Tout commence par un incendie, qui a vraiment eu lieu. Celui qui a ravagé en 1897 le "bazar de la charité", à Paris : une vente de bienfaisance très prisée de la haute société. A partir de ce fait historique, les scénaristes ont imaginé trois personnages de femmes, qui voient leur vie basculer. Elles sont incarnées par Audrey Fleurot, Camille Lou et Julie de Bonna. Figurent également au casting : Gilbert Melki, Stéphane Guillon (dans le rôle du préfet de police de Paris, choix étonnant), et Josiane Balasko

Chapeau à la chef costumière

Une femme qui va se faire passer pour morte et tenter d'échapper à son mari violent. Une autre qui va réaliser, pendant l'incendie, que son fiancé, celui qu'elle doit épouser pour sauver sa famille de la ruine, est un type ignoble, capable de piétiner tout le monde pour s'en sortir vivant. Les différentes trames narratives apportent chacune leur lot de drame, de passion amoureuse et d'enquête policière. 

Cela va peut-être vous sembler étrange, mais j'ai beaucoup pensé à Titanic ! Comme dans le film de Cameron, on connait l'issue du drame, mais on est tenus en haleine. Et puis les costumes sont de la même époque, ou presque (il y a quinze ans d'écart entre l'incendie du Bazar et le naufrage du Titanic). 

Sont-il réussis, d'ailleurs, les costumes ? Oui, chapeau ! C'est d'autant plus spectaculaire que la série réunit toutes les couches sociales de la fin du 19ème siècle : l'aristocratie, la bourgeoisie, les domestiques, les pompiers, les gens de peu. La chef costumière, Valérie Adda, assume d'avoir pris quelques petites libertés avec la réalité historique, mais l'effet de réel est épatant. 

Le premier épisode, on s'en doute, montre l'incendie en détail. Certains jugeront peut-être la séquence trop longue - trente minutes - mais il fallait bien cela, à mon avis (la violence du brasier, les victimes prises au piège par les flammes) pour installer les différentes intrigues. 

Un écho contemporain

J'ai quelques réserves sur les personnages de méchants, qui sont outrageusement méchants, notamment Josiane Balasko. Mais tout cela est diablement efficace. Et puis vous serez peut-être frappés, comme moi, par une étrange impression de déjà-vu. Il est question d'un drame collectif et meurtrier. D'un éventuel attentat terroriste. De ceux qui cherchent leur proche parmi les victimes. Mais aussi de ceux et celles dont l'immense humanité se révèle face à la tragédie. Comment ne pas penser au 13 novembre ? Oui, quel que soit son budget, cette série est bien un "événement". Et elle a des échos très contemporains, plus d'un siècle plus tard.  

"Le Bazar de la Charité". Les deux premiers lundi 18/11 sur TF1 à 21h05.  

  • Légende du visuel principal: Camille Lou, Audrey Fleurot, Julie de Bona © RYSK Thomas Braut TF1
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