Deux programmes captivants, à voir en replay sur Arte, pour découvrir l’acoustique magique de la cathédrale avant l'incendie : une captation du Requiem de Berlioz, et un documentaire sur l'orgue de Notre Dame.

Toutes les chaînes ont chamboulé leurs programmes cette semaine suite à l’incendie de Notre Dame de  Paris. Et ça continue ce week-end, avec une émission spéciale sur  France 2.  Un grand concert diffusé samedi soir, en direct depuis la Cour des  Invalides, à Paris, au profit de la reconstruction de la cathédrale. On y  verra notamment Laurent Voulzy, Bénabar, la Maitrise  et le chœur de Radio France ou encore Angélique Kidjo. 

Le Requiem de Berlioz

Dès  les premières notes, on est hypnotisé par la gestuelle du chef d’orchestre, Gustavo Dudamel. Par les mouvements de son corps, de son  bras, de ses doigts. Par les expressions de son visage. Car c’est bien l’intérêt de voir un tel concert à la  télévision : on est envouté par la musique, bien sûr, mais aussi, grâce aux plans serrés de la caméra, par ces gestes qui semblent dessiner la  mélodie. Et par les visages habités des choristes.

Nous sommes en janvier 2014, dans la somptueuse nef de Notre Dame de Paris. 150 choristes et 250 musiciens interprètent la « grande Messe des  morts », le requiem de Berlioz, l’une des œuvres les  plus démesurées du répertoire français. Ce concert exceptionnel  réunissait quatre formations, dont l’orchestre philharmonique de Radio France. Oui, c’est de la musique qui se regarde autant qu’elle s’écoute, pour les gestes et les visages, mais aussi parce qu’on contemple l’intérieur de ce bâtiment majestueux, les parois, les statues, et qu’on a  le cœur serré en songeant aux dégâts provoqués, depuis, par l’incendie.

Dans le ventre de l'orgue

Mon deuxième conseil est aussi à voir en replay sur Arte. Une immersion fascinante dans le ventre de l’orgue de Notre Dame. Un  documentaire qui date de 2015, dans lequel on fait  la connaissance d’un homme à l’œil rieur : l'organiste Olivier Latry, le titulaire des grandes orgues de Notre Dame de Paris. Oui on dit "titulaire", ça fait un peu football. Grâce à lui, on explore cet instrument séculaire (dans une cathédrale vide), on en  comprend les secrets et le fonctionnement. C’est tout juste si Olivier Latry n’a pas donné un prénom à chacun des 8000 tuyaux (de toutes les tailles et de toutes les formes) qui composent cet  instrument colossal ! "Cet orgue est l’âme de Notre Dame", explique Olivier Latry. Quel immense soulagement de savoir qu'il n’a pas été détruit dans l’incendie : il aura besoin d’être nettoyé,  mais il est intact. Et on est d'autant plus soulagé quand on l'a exploré avec celui qui le connait le mieux. 

Ce qui n'est pas intact en revanche, c'est la résonance. Une partie de la voûte de Notre-Dame de Paris s'est écroulée, aussi l'acoustique est-elle partie en fumée. Cette réverbération si particulière, dont l'organiste parle avec émotion. Voilà ce qui manque, évidemment, quand on écoute à la télévision l'orgue ou l'orchestre philharmonique. Quelle que soit la  qualité de la prise de son, l'acoustique ne sera jamais la même. De cette résonance-là, le monde est orphelin. Au  moins jusqu'à la reconstruction. 

Le Requiem de Berlioz interprété dans la cathédrale Notre Dame de Paris, réalisé par Isabelle Soulard. Avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, l’Orchestre symphonique Simón-Bolívar du Venezuela, le Chœur de Radio France et la Maîtrise Notre-Dame de Paris.

Dans le ventre de l'orgue de Notre Dame : documentaire d'Isabelle Julien (2015).

  • Légende du visuel principal: L'orgue endommagé de la cathédrale Notre-Dame de Paris © AFP
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.