A voir sur Paris Première, un documentaire bizarre, inégal mais finalement réjouissant. Il ne manquerait plus qu'un film sur la connerie soit parfait ! A conseiller aux petits cons de la dernière averse comme aux vieux cons des neiges d'antan.

52 minutes pour tenter de cerner la connerie. Cela se passe sur Paris Première mercredi 19 décembre à 23h05 : « Les cons, une espèce presque rare ». L'auteur de ce documentaire, Emmanuel Le Ber, part du principe que « définir la connerie n’est par définition qu’une connerie de plus » (Yvan Audouard). Il ne sait pas par quel bout prendre les cons, alors il se pose des questions à voix haute... et le résultat est un peu étrange, très inégal, mais aussi très savoureux. Il ne manquerait plus qu’un film sur la connerie soit parfait ! Qu’est-ce qu’un con ? Est-on toujours le con d’un autre ? Naît-on con ou le devient-on ? 

Premier constant : c’est un mot qu’on peut dire sur des tons très différents. Il peut être affectueux ou très désagréable. Se revendiquer con n’a pas la même valeur que d’être traité de con par autrui. Mais comme chacun sait, la connerie est surtout une affaire de génération. 

Ce documentaire donne la parole à des anonymes dans la rue, des petits cons de la dernière averse et des vieux cons des neiges d’antan. Mais on y voit aussi des personnalités : Brigitte Fontaine, conne autoproclamée dans l’une de ses chansons, Nabilla, qui de sa connerie assumée a fait un fonds de commerce. Allô ! Non mais, Allô quoi ! Francis Véber apparaît également, et là, gros coup de vieux : on réalise que Le dîner de cons, est sorti il y a 20 ans déjà. 

Sémantique de la connerie

Le Grolandais Benoit Delépine est là aussi, qui se lance dans une liste des synonymes de « cons ». Corniaud, crétin, couillon, imbécile... Inventaire impossible, il y en a trop. D’ailleurs, c’est sans doute sur l’aspect linguistique que le documentaire est le plus intéressant. Il semblerait que les cons soient une spécificité, voire une exception française ! Ce mot n’a pas tellement d’équivalent chez nos voisins. Sauf peut-être le coño espagnol. Francis Veber est très mécontent du titre qui a été choisi pour le remake américain de son film : « Diner for schmuks ». Schmucks est un mot d’origine yiddish qui désigne la bêtise mais n’a pas la même force que « con ». Quant à la sémiologue Ophélie Hetzel, elle décortique une expression désormais associée à Nicolas Sarkzoy : « casse-toi pauv’ con ». 

« T'as pas fini de tourner »

Le documentaire ne fait pas l’impasse sur l’origine du mot et donc l’origine du monde. Avec un détour par le musée d’Orsay, à Paris, pour admirer le célèbre tableau de Courbet et nous rappeler qu’un « con » est un sexe féminin. Et figurez-vous que Paris Première a même publié une petite annonce dans le journal le Parisien il y a quelques semaines : un appel à témoin, pour chercher de vrais cons. Qui a répondu, à votre avis ? Des comédiens. Quand on cherche des cons réels, ne viennent que des représentations de cons, ceux qui assurent pouvoir jouer n’importe quel con. En fait, c’est un film sur la condition humaine !

L’intérêt, enfin, c’est le petit florilège de citations sur la connerie, qui sera bien commode pour étaler votre culture. Il y a les très célèbres, à commencer par celle de Michel Audiard :

Quand on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner.

Mais aussi celles qui gagnent à être connues, comme celle-ci, de Philippe Gelluck :

Un groupe de loups, c’est une horde. Un groupe de vache, c’est un troupeau. Un groupe d’hommes, c’est souvent une bande de cons. 

Une dernière pour la route, ça vous fera des munitions pour les repas de famille qui approchent. Signée Frédéric Dard :

Rien n’est plus voluptueux pour un pas con que d’être traité de con par un con.

« Les cons, une espèce presque rare » A voir sur Paris Première ce mercredi 19/12 à 23h05.

  • Légende du visuel principal: Brigitte Fontaine, "conne" autoproclamée dans l'une de ses chansons, est interrogée comme une experte dans ce documentaire sur les cons. © Beall Productions / Paris Première
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