Elise Lucet s’attaque à une injustice qui persiste depuis des années : les hommes ont un salaire de 22,8% supérieur à celui des femmes. L’enquête est à découvrir ce mardi 19 mai à 21h sur France 2.

L'écart de salaire entre les hommes et les femmes peine toujours à se résorber
L'écart de salaire entre les hommes et les femmes peine toujours à se résorber © Premières Lignes Télévision

L'enquête a été menée avant la crise sanitaire : "Egalité hommes-femmes, balance ton salaire". "Cash Investigation" se penche, ce mardi 19 mai, sur les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes.  La journaliste Zoé de Bussierre s'est focalisée sur deux métiers en particulier : les infirmières, profession largement féminine et très mal payée, mais aussi la finance. Car le secteur bancaire est un champion de l'écart salarial : les femmes gagnent en moyenne 36% de moins que les hommes.
Le premier mérite de cette émission, c'est de laisser la place à une bonne dose d'humour. En introduction, on fait la connaissance d'une grande patronne du CAC 40, entourée d'un conseil d'administration exclusivement féminin. Il y a bien un homme, mais on ne se rappelle plus trop son nom, on trouve juste qu'il aurait pu raser sa barbe, tout de même ! C'est de la fiction, vous l'aurez compris. L'ironie est un bon allié pour mener un tel combat. 

Les salles de marché, un enfer sexiste

Et cela n'empêche pas la suite d'être très percutante. On est atterré par l'ambiance sexiste qui règne dans les salles de marchés, univers très masculin. On appelle les femmes des "pondeuses", les remarques graveleuses sont monnaie courantes. Mais le plus glaçant, c'est le récit de Julie. Témoignage anonyme. Elle a travaillé plusieurs années chez Natixis. Dès l'entretien d'embauche, on lui a demandé si elle comptait avoir des enfants (question illégale). Elle a répondu non, pour avoir le poste. Première grossesse, elle comprend vite qu'on va lui faire payer. Et ça se confirme à son retour de congé maternité.  

On me retire la responsabilité du portefeuille que j'avais et on me met à une position qui est celle d'un junior... C'était rare qu'il n'y ait pas une journée que je finisse sans pleurer. J'étais tellement pas bien que j'avais réussi à promettre à mon chef que je ne tomberais plus enceinte. Ce qui était absurbe. Quand je suis tombée enceinte, je ne savais pas comment l'annoncer à mon employeur.

Alors elle ne va pas l'annoncer, porter des vêtements plus larges et même glisser vers un déni de grossesse, jusqu'à ce qu'un médecin ne la mette en arrêt maladie.
Le fameux plafond de verre, qui empêche les femmes d'évoluer vers les postes les plus élevés, est très souvent lié aux grossesses. Cet épisode de "Cash Investigation" propose  une étude fouillée sur le devenir des étudiants diplômés de plusieurs masters finances. Et prouve qu'à diplôme équivalent, une femme a deux fois moins de chances d'obtenir un poste de direction dans une banque qu'un homme. 

Vous n'avez là qu'un aperçu de cette enquête au long cours, très pédagogique mais aussi très incisive. Et pour en revenir à l'humour : il y a une séquence très drôle, c'est quand Elise Lucet "se prend un vent" : quand quelqu'un refuse de lui parler !

En l'occurrence c'est le président du groupe BPCE (auquel appartient Natixis). Il a refusé toute interview, Elise Lucet profite d'un congrès auquel il participe pour se pointer avec micros et caméras, elle lui court après, il ne répond pas. Oui c'est drôle, même si sur le coup, personne ne se fend franchement la poire. On serait déçus, à dire vrai, si Cash Investigation nous privait de cette tradition. L'intérêt, au delà du grotesque de la situation, c'est que le groupe BPCE s'est senti obligé d'accepter une interview ensuite, histoire de sauver les meubles. C'est la directrice déléguée aux ressources humaines qui répond aux questions d'Elise Lucet. Preuve qu'en plus d'être divertissante, la séquence du "vent" a une certaine utilité.

Cash Investigation, sur France 2 mardi 19 mai à 21h.

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