Pourquoi diable serait-elle réservée aux ados? Cette série maligne et drôle, qui parle de sexe avec humour et sans tabou, revient pour une saison 2. Parmi les nouveautés : un deuxième Français au casting.

Quel plaisir de retrouver Otis et sa maman ! La saison 2 de "Sex Education" est disponible sur Netflix. Otis, c’est un adolescent britannique attachant et discret, qui pourrait passer inaperçu dans son lycée si sa mère n’était pas sexologue. Dans la première saison, il a utilisé son expertise en la matière - sans la prévenir, évidemment - pour donner des consultations à ses petits camarades. Et le business marchait très bien. A travers les confidences de ses « patients », on s’est intéressés à la vie sentimentale et sexuelle de tout le lycée ou presque et c’était aussi drôle que passionnant. Quant à sa vie sexuelle à lui, elle était inexistante : même tout seul, Otis n’y arrivait pas. Aussi est-on soulagé de constater, au début de la saison 2, que ça va mieux, de ce côté-là...

Mère et fils dans le même lycée

Gillian Anderson campe le rôle de la mère et elle est impayable : rayonnante, tellement à l’aise et tellement agaçante à force de vouloir communiquer librement sans tabou et sans gêne. Bien sûr que ce pauvre Otis est ravagé de honte. Cela crée un effet comique très efficace, mais cela n'enlève rien à la justesse de ce que ressent chaque personnage : tout le charme de cette série, c'est qu'elle offre un équilibre subtil entre l’émotion et l’humour. Otis pensait arrêter les consultations, mais une épidémie de chlamydia dans le lycée va le forcer à reprendre du service au début de la saison 2... Est-elle bien réelle, cette épidémie, d’ailleurs ? Cela donne l’occasion de constater que les élèves sont très mal informés en matière de MST, il faut donc repenser complètement le programme d’éducation sexuelle et on fait appel à... la mère d’Otis, bien sûr ! Elle va intervenir dans le lycée au grand dam de son fiston. 

La saison 2 est aussi marquée par l'arrivée d'un nouvel élève qui ne passe pas inaperçu dans les couloirs... Rahim est Français, murmurent les filles et les garçons sur son passage. Et il est de chez nous en effet, le petit nouveau : cocorico ! C’est l’acteur français Sami Outalbali qui joue Rahim, un beau gosse qui va vivre une histoire d’amour avec l’un des personnages, après lui avoir récité des poèmes d’amour de Pablo Neruda. Cela fait deux Français au casting, car Emma Mackey (alias Maeve) est Franco-britannique. 

Résolument inclusif

Le parti pris de  « Sex Education », c’est d’être une série inclusive. Toutes les sexualités y ont leur place, toutes les couleurs de peau, toutes les morphologies, le handicap, l’asexualité : cela pourrait donner une fiction rasoir à force de vouloir à tout prix cocher toutes les cases. Eh bien pas du tout ! Au contraire.  Car ce qui est très réussi, c’est que tous les stéréotypes de la série pour  ado sont revisités : tous les personnages un peu cliché sont là. Il y a le  sportif qui ne veut pas montrer qu’il a un petit cœur qui bat, la théâtreuse un  peu perchée, ou encore la poignée de lycéens populaires, « les  Intouchables », qui font régner la terreur. Le scénario et les dialogues s'amusent avec ces clichés, les accentuent parfois, pour mieux les interroger. C'est la  meilleure façon de parler de tous et toutes. L'enjeu, pour chaque personnage, est  de trouver sa place. Et au final de mieux se connaitre soi-même. Autant  vous dire que cette série n’est pas du tout réservée aux adolescents. Pas du tout du tout. Ou alors, j'ai 16 ans. Je sais que c'est pas vrai, mais j'ai 16 ans..

  • Légende du visuel principal: Otis et Eric (Asa Butterfield et Ncuti Gatwa). © Netflix
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