France 2 diffuse ce mercredi 20 janvier "le goût des autres", pour rendre hommage à Jean-Pierre Bacri. Ce film d'Agnès Jaoui donne une magnifique occasion de constater que le talent d'un acteur se reconnait aussi à ses silences : Bacri y est excellent, qu'on l'entende parler ou pas.

Aux côtés de sa femme (Christiane Millet), Castella (Jean-Pierre Bacri) assiste à une représentation de Bérénice.
Aux côtés de sa femme (Christiane Millet), Castella (Jean-Pierre Bacri) assiste à une représentation de Bérénice. © AFP / Canal+ / France 2 Cinéma

Les chaines de télé rendent hommage à Jean-Pierre Bacri, disparu lundi. Et c’est bien la moindre des choses ! TMC rediffuse ce mercredi 20 janvier un épisode de Burger Quizz avec Bacri, qui était  un candidat très drôle à ce jeu foutraque animé par Alain Chabat. Sur Arte vendredi soir, vous pourrez voir « une femme de ménage », film de Claude Berri avec Jean-Pierre Bacri et Emilie Dequenne. Dimanche soir sur TF1, « le sens de la fête » de Toledano et Nakache. Mais surtout, surtout, il y a France 2 ce mercredi soir : « Le goût des autres », d’Agnès Jaoui.  

Le chagrin de Bérénice

On a beaucoup entendu et vu circuler, depuis deux jours, les meilleures répliques de Jean-Pierre Bacri. Il faut dire qu’il y en a tellement. Celle du cours d'anglais en est une, par exemple. Mais j’aimerais insister sur une scène où l’on n’entend pas le comédien, et où il est sublime. Jean-Jacques Castella, le chef d’entreprise qu’incarne Bacri dans « le goût des autres », est au théâtre avec sa femme. Il assiste à une représentation de Bérénice, de Racine. Il est là parce que sa nièce joue un petit rôle. Il compte s’ennuyer ferme. Mais Anne Alvaro sur scène, soudain, le subjugue. 

D’abord, la curiosité chasse l’ennui en un éclair dans le regard du spectateur. Puis il se laisse toucher. Il cède. Plus rien n’existe autour de lui. Surtout pas la remarque idiote de sa femme sur la « drôle de tête » de la comédienne. Rien d’autre que le chagrin de Bérénice trahie par Titus. Rien d’autre que cette actrice magnifique. Il se trouve que c’est aussi sa prof d’anglais ! Bacri ne dit rien, il nous bouleverse. Le talent d’un acteur se reconnait aussi à ses silences.

Tout commence et tout finit au théâtre

En revoyant ce film si touchant, si drôle, si fin, j’ai été émerveillée par cette scène de théâtre. Elle est centrale, car ce film parle de déterminisme culturel : peut-on aimer en dehors de son milieu ? Le goût des autres est-il une barrière pour les aimer ? Et puis évidemment, ça n’est pas rien, en ce moment : le spectacle vivant manque tellement. Ça n’est pas rien que la performance d’acteur de Jean-Pierre Bacri soit aussi frappante dans une scène tournée au théâtre. D’ailleurs, je ne vais surtout pas divulgâcher pour les veinards qui n’ont pas encore vu "le goût des autres", mais ce film se termine aussi au théâtre. Et j’ai la chair de poule rien qu’en pensant à cette dernière scène, illuminée par un sourire.  

« Le goût des autres » d'Agnès Jaoui à 21h, puis « On connait la chanson » d'Alain Resnais à 23h : toute une soirée avec Jean-Pierre Bacri, mercredi 20/01 sur France 2. 

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