A voir en replay sur France 2. Zoé Cauwet a filmé pendant un mois une formation aux métiers du funéraire. Entre cours théoriques et mises en situation, le rire n'est jamais loin du macabre.

Même pas peur ! Même pas peur de vous parler de contrat obsèques, de mise en bière et des différentes techniques pour embaumer un cadavre, à l’heure du petit dej. Je vous propose un documentaire sur l'école nationale des métiers du funéraire, basée à Paris. Allez, piétinez allègrement les tabous et regardez ce documentaire diffusé mardi 19 juin sur France 2 : "A l'école des pompes funèbres" (diffusion beaucoup trop tardive, heureusement, il y a le replay).

Mise à distance

Quiconque a déjà eu l’occasion de côtoyer l’univers des pompes funèbres a été frappé par l’attitude toujours très maîtrisée, toujours très sobre de ceux qui y travaillent. Eh bien c’est là, dans ce centre de formation, qu’ils apprennent qu’on ne dit pas « bonjour » à quelqu’un qui vient de perdre un proche. Non, c’est n’est pas un bon jour. Alors on salue les gens en disant simplement « Madame, Monsieur». 

Zoé Cauwet a filmé pendant un mois une session de formation suivie par dix-huit stagiaires, entre 20 et 50 ans. Et ce qui est passionnant, c’est de voir à quel point ces professionnels parviennent à banaliser la mort. La mise à distance est importante pour leur équilibre, bien sûr, mais cela offre, surtout, un entre-deux très subtil : le grotesque côtoie le tragique, le rire et le drame se mélangent. Nous sommes dans une salle de formation tout ce qu’il y a de plus banale, des murs blancs, des bureaux. Simple détail : il y a deux cercueils posés contre le mur.

Arrête de bouger, bon sang, t'es mort !

On oscille en permanence entre l’effroi et le rire. Le parti pris de la réalisatrice a été de ne pas s’intéresser à un prof ou à un stagiaire en particulier. Résultat : on a l’impression de faire partie de la classe. On est en formation avec eux. Et comme eux, on se marre souvent. Notamment quand il s’agit de se mettre en situation : deux stagiaires vont jouer les proches du défunt, et un autre prend le rôle du conseiller funéraire chargé de les accompagner. Ce son des adultes en train de « jouer à la mort » ! Cela crée un effet comique très fort. Et je ne vous parle pas de la scène où l'on apprend à mettre le corps dans la housse : un stagiaire s’est porté volontaire pour faire le cadavre, mais le prof doit parfois lui rappeler qu’il est censé être raide. Mais arrête de bouger, bon sang, t’es mort ! 

Métier d'avenir

La partie commerciale de ce métier n’est pas un détail. On apprend comment proposer un contrat d’assurance obsèques à une veuve venue pour payer le cercueil de son mari... Mais on voit aussi comment ne pas brusquer une famille en deuil, comment respecter les croyances religieuses de chacun, etc. Ce film montre les nombreuses facettes d'un métier fascinant. Il fait aussi, bien sûr, réfléchir à notre rapport à la mort. Qui sait, peut-être que ce film pourrait susciter des vocations ? Rappelons que pour des raisons de démographie, c’est un métier d’avenir et créateur d’emplois : la mort se porte bien ! 

« A l’école des pompes funèbres ». Documentaire de Zoé Cauwet (durée 1h20) à voir en replay sur le site de France 2 jusqu'au 27 juin

Légende du visuel principal:
Le rire n'est jamais loin du macabre. Immersion fascinante dans un univers qui l'est tout autant... © Zoé Cauwet - Stank
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