En hommage à Pierre Chevalier, ancien directeur de la fiction décédé récemment, Arte diffuse ce mercredi soir un des films qu'il avait co-produit. "Le Péril jeune" de Cédric Klapisch n'est pas un film de génération : il est universel, puisqu'il parle d'amitié et de nostalgie !

Comment oublier Romain Duris dans ce rôle d’un ado rebelle ? Le Péril jeune, de Cédric Klapisch, est diffusé ce mercredi soir sur Arte, mais je suis sans doute la personne la plus mal placée pour vous en parler. Non pas que je n'aie pas vu ce film, au contraire ! Je l’ai trop vu. Je le connais presque par cœur. D’ailleurs plutôt que de diffuser des extraits, je pourrais les réciter. Mais je crains de ne pas être à la hauteur du panier de basket.

L'homme descend du singe. Tomasi est un homme. Tomasi ne descend pas du panier de basket. 

Certains doivent penser que Le Péril jeune est le film d’une génération. A mon avis, pas du tout ! Certes, il est sorti en 1994 et a sans doute plus marqué ceux qui étaient ados dans les années 1990, mais l'histoire se passe en 1975 ! Je n’étais pas née dans les années 1970 et pourtant c'est un immense coup de cœur. C’est l’histoire d’une bande d'anciens copains qui se retrouve à l’hôpital. On comprend vite que l’un des gars de la bande est mort récemment et que la compagne du défunt est sur le point d’accoucher. 

Récit d'apprentissage

En attendant la naissance, comme ils se sont tous perdus de vue, ils se remémorent leur année de terminale : les humiliations amoureuses, les manifs contre le chômage, les révisions du bac, la drogue... C’est un récit d’apprentissage, mais surtout de nostalgie. Et ça, personne n’osera dire que ce n’est pas universel !

L’un des charmes de ce film de Klapisch, qui est tour à tour très émouvant et hilarant, ce sont les profs. On ne le met pas assez souvent en avant quand il est question de ce film culte. Ces enseignants qui sont exaspérés par leurs élèves. Épuisés. Dépassés. Complètement cinglés, pour certains. S’il fallait élire mon prof préféré, je voterais sans doute pour le baba cool qui prétend enseigner les maths.

Le jeune est tourné vers l'avenir, mais l'avenir ne se tourne plus vers le jeune. Peut-il affronter l'avenir en lui tournant le dos, le jeune? 

Ces profs ne sont pas crédibles ? Bien sûr que non, ce sont des caricatures, puisqu’on les voit tels que les voyaient leurs anciens élèves ! On navigue dans leurs souvenirs de cancres. Regarder « le péril jeune », c’est se retourner sur le temps passé, avec tout ce que ça implique de rigolade et de déprime. D'ailleurs le titre phare de la BO est signé d'un groupe dont le nom résume tout : Ten Years After, "dix ans plus tard".

Hommage à Pierre Chevalier

Précision importante : la diffusion de ce film n'était pas prévue. Arte a bouleversé ses programmes pour rendre hommage à Pierre Chevalier, qui est mort récemment. Ancien producteur sur France Culture, il fut aussi directeur de la fiction sur Arte pendant douze ans et a réinventé la façon d’aborder la fiction à la télé. D’ailleurs Le Péril jeune était un téléfilm avant de sortir sur grand écran : il faisait partie d’une collection sur les années lycée, dirigée par Chevalier. Cet homme a marqué les gens d'Arte par "sa sensibilité, son audace et son exigence artistique". Finalement, la diffusion de ce film est, elle aussi, un exercice de nostalgie. 

Le Péril jeune, mercredi 20 mars à 20h55 sur Arte

  • Légende du visuel principal: Romain Duris n'était pas encore comédien, il a été repéré et recruté dans la rue pour ce film. © Jérôme Plon
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