La première audition d'Alexandre Benalla devant la commission d'enquête du Sénat avait dopé les audiences de la chaîne. Nouvel épisode est attendu ce lundi, alors que l'affaire prend des allures de série d'espionnage.

Je serai devant ma télé aujourd'hui à 14h. Pas pour regarder les téléfilms de l’après-midi. Le programme d’aujourd’hui fait envie, pourtant : sur TF1 « Je vengerai ma mère » sera suivi de « Une faute impardonnable ». Sans parler de Rex, le chien policier de France 3. Non c’est un autre feuilleton, beaucoup plus palpitant, qui m’attire comme un aimant devant ma télé : l’audition d’Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat.

Carton d'audience

Les audiences de Public Sénat ont explosé, en septembre dernier, lors de la première audition de l’ancien chargé de mission à l’Elysée. C’est fascinant, parce qu’il faut reconnaître que le spectacle télévisuel est assez pauvre, finalement : c’est un homme qui répond à des questions posées par des sénateurs, en plan fixe. Albert Ripamonti est directeur des rédactions de Public Sénat :

Oui et non. Privilège de l'âge, je me souviens des auditions sur l'affaire Outreau : c'était également un plan fixe ou presque et ça avait aussi cartonné à la télé. Dans cette affaire Benalla, il y a un élément nouveau chaque jour donc c'est Benalla, saison 2 ! Un vrai feuilleton. 

On se croirait en effet dans une série d’espionnage. Benalla a utilisé un téléphone crypté secret-défense. Il avait gardé deux passeports ? Non, quatre passeports, révèle le Canard Enchainé ! Il s’en est servi une vingtaine de fois entre début août et fin décembre, pour aller au Tchad, en Israël, au Maroc ou aux Bahamas. Mais qu’allait-il faire aux Bahamas ? Notre imagination galope. On parle de passeport demandé par le biais d’un document falsifié. Benalla serait-il un faussaire ? Il faudrait qu’elle sorte en coffret DVD, cette série, ça ferait un carton.

Public Sénat propose une édition spéciale à partir de 13h30, avec un décryptage avant et après l’audition. Ce n’est pas du luxe, parce qu’une enquête parlementaire répond à des règles particulières. Elle ne doit pas interférer avec l’enquête judiciaire. Ce n’est pas toujours simple à comprendre.

Le Sénat s'affiche en contre-pouvoir

Ce n’est pas seulement Public Sénat qui bénéficie d’un nouveau souffle grâce à l’affaire Benalla, c’est le Sénat lui-même. Cette deuxième chambre parlementaire qu’il a souvent été question de supprimer, que Lionel Jospin qualifiait « d’anomalie démocratique », s’affiche en contre-pouvoir, face à une Assemblée Nationale monocolore, massivement "en marche". Le bénéfice en termes d’image est considérable. 

L’attitude d’Alexandre Benalla lui-même n’est pas pour rien dans ces succès d’audience. Il a su ménager ses effets, lors de la première audition. Il était manifestement très bien préparé, utilisant par exemple une prolepse : figure de rhétorique que vous connaissez, bien sûr. La prolepse consiste à anticiper la critique en y répondant avant qu’elle soit formulée. Benalla s’est excusé d’avoir traité de « petit marquis » le président de la commission d’enquête, Philippe Bas, en préambule. Excellente méthode pour couper l’herbe sous le pied de son adversaire. 

Reste à savoir quelle sera son attitude pour ce deuxième round. Impossible de savoir à l’avance quelle stratégie il va adopter. Alors je me suis amusée à regarder son horoscope de la semaine ! Je ne sais pas si vous connaissez l’horoscope de Rob Brezny, publié par Courrier International. Je vous le recommande : il est écrit truffé d’humour et de jolies formules, et pas du tout fondé sur les astres, en réalité. Benalla est né le 8 septembre 1991, J’ai donc regardé chez les Vierges, et voici ce que ça donne

Ton assurance sera telle que le regard que les autres portent sur toi te sera totalement indifférent. Rien ni personne ne saurait inhiber ton comportement ou t’empêcher d’être toi-même. 

Décidément, ce nouvel épisode s’annonce haut en couleur. 

Rendez-vous à partir de 13h30 sur Public Sénat pour l’édition spéciale. Audition d’Alexandre Benalla à 14h. Celle de Vincent Crasse, autre ancien collaborateur du chef de l’Etat, est prévue à 15h30. 

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Alexandre Benalla lors de sa première audition devant la commission d’enquête du Sénat, le 19 septembre 2018. © AFP / ALAIN JOCARD / AFP
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