Dans son émission "Rembob'Ina", sur LCP, Patrick Cohen reçoit Nicolas Hulot pour évoquer ses meilleurs souvenirs d'Ushuaïa. Une émission qui illustre, au fil des années, la prise de conscience écologique.

Patrick Cohen anima, souvenez-vous, la matinale de France Inter. Et puis il s’éloigna. Il quitta notre radio pour d’autres contrées, et notamment pour la télé. C'est alors qu'il rembobina. J’arrête avec le passé simple, c’était juste pour en venir au titre de son émission, « Rembob’ina » en partenariat avec l’INA. Une plongée, souvent passionnante, dans les images d’archives pour raconter les grands soirs de la télévision. Et elle est consacrée, cette semaine à un monument de l’histoire du petit écran : Ushuaïa.

Hulot, la tête brûlée du PAF

Patrick Cohen reçoit Nicolas Hulot pour retracer l’histoire de cette émission diffusée sur TF1 pendant 25 ans. Et ce qui est intéressant, c’est d’observer les évolutions entre 1987 et 2012 : elles illustrent une prise de conscience écologique, au fil du temps. Au départ, c’est « le magazine de l’extrême », avec un animateur tête brûlée qui survole des paysages sublimes en deltaplane, en ULM, en hélico, qui s’accroche à des falaises ou plonge sous la glace. Sa manie de placer un micro dans le scaphandrier a été beaucoup parodiée, évidemment, mais il faut mesurer la prouesse technique que ça représentait de parler sous l’eau à l’époque ! 

L’émission, peu à peu, va prendre une autre tonalité. Moins spectaculaire, moins futile. Nicolas Hulot, je dois dire, fait preuve d’une saine autocritique en revoyant ces images d’archives. Il parle de son insouciance des débuts. « Dans les années 1980, la nature était un terrain de jeu, dit-il : on l’aimait mais on ne la respectait pas pour autant ». C’est plus tard qu’il a mesuré la fragilité de la planète. Par exemple, quand il est descendu en rappel dans un tepuy de la grande savane du Venezuela. Un canyon totalement isolé du monde extérieur, à la végétation luxuriante. 

Je ne vais pas dire que c'était comme marcher sur la Lune, mais c'était très émouvant ! Ce sont toutes ces expériences qui ont forgé mon engagement. La nature est une artiste incroyable. Pour moi, ça a été un moment d'émerveillement et de prise de conscience. Parce que mon engagement, au départ, n'était pas universitaire ou politique. Mon université, ça a été Ushuaïa. 

Émerveillement et respect

Ushuaïa, finalement, est une parfaite illustration de l’évolution des mentalités de notre pays. Une émission qui a d’abord incarné l’aventure, le dépassement de soi... puis la découverte de territoires inexplorés et enfin l’hommage à la nature dans ce qu’elle a de plus précieux et fragile. Il y aurait d’ailleurs un inventaire à faire : revoir toutes les émissions, faire la liste de tous les écosystèmes, de tous les paysages filmés en 25 ans... et voir ce qu’il en reste aujourd’hui. Il y a fort à parier que cet inventaire serait désespérant. On se dit aussi, en l’écoutant parler, que ce n’est pas pour rien que Nicolas Hulot est devenu ensuite ministre : il a le sens de la formule. L’un de ses slogans : « L’émerveillement est le premier pas vers le respect. »  

► « Rembob’INA » : sur LCP dimanche 23 juin à 21h.

  • Légende du visuel principal: Nicolas Hulot est l'invité de Patrick Cohen pour commenter les meilleurs moments de cette émission culte. © Aude Paget-INA-LCP
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