Le "Grand Échiquier" fait son retour ce soir en direct sur France 2. Un défi de taille en pleine crise du coronavirus.

Anne-Sophie Lapix présentera "Le Grand Echiquier" ce soir sur France 2
Anne-Sophie Lapix présentera "Le Grand Echiquier" ce soir sur France 2 © France Televisions

Après des semaines de rediffusion de programme de fond de tiroir du côté de France Télévisions, on va enfin avoir droit au retour de LA grande émission culturelle de France Télé. Animée autrefois - on s'en souvient - par Jacques Chancel, reprise depuis peu par Anne-Sophie Lapix.

Le Grand Échiquier, c'est ce grand barnum en direct qui fait se croiser des dizaines et des dizaines d'artistes. Des orchestres, des danseurs, des chanteurs, des acteurs, des écrivains,... 

C'est le rendez-vous de toute la culture, à la fois celle qui est très accessible, la culture populaire. Mais aussi celle qui est perçue comme plus exigeante, qui ne passe pas habituellement à la télé à un horaire très exposé. 

En bref, c'est une grande émission de service public qui est de retour ce soir. Une émission qui ose, qui fait des choix, qui prend des risques... 

Alors, d'habitude je ne suis pas tendre avec France TV mais je leur tire mon chapeau : la renaissance du Grand Echiquier, c'est l'idée la plus courageuse qu'ils aient eu depuis longtemps. D'autant plus que c'est un programme pas facile à faire, qui coûte cher à produire, un très gros show qui demande beaucoup de moyens, à la fois techniques et humains.

Et pour tout vous dire, c'est un peu pour ça que j'ai envie de regarder l'émission ce soir... Parce que je suis curieux ! Comment faire une telle émission, avec tant de gens en plateau, en pleine crise sanitaire ?

Car ils ont fait le pari un peu fou de faire cette émission en direct d'un plateau de télé parisien. Avec moins de monde bien évidemment, moins de techniciens. Tous masqués, tous gantés. En régie, chaque poste est même séparé par des vitres en plexiglas.

Mais aussi moins de monde en plateau. Pas de public. Moins d'invités. Ils seront six au maximum à chaque fois pour respecter la distanciation sociale. 

Je peux vous donner quelques noms : l'écrivain Erik Orsenna, Angelique Kidjo, Christine and The Queens, Renaud Capuçon, la soprano Patricia Petitbon ou encore François Alu, le premier danseur du ballet de l'Opéra de Paris.

Moins de musiciens - aussi - dans l'orchestre dirigé par Nicolas Guiraud. Et ce, pour les mêmes raisons. Un bon mètre séparera chaque musicien sans que ça change quoi que ce soit à l'acoustique (j'ai demandé). On a fait le choix de bannir les instruments à vent. Je n'y avais pas pensé mais visiblement, ils sont de véritables mitraillettes de miasme. Trop dangereuses les clarinettes, on va donc s'en passer. Alors, je tiens à vous prévenir, vous verrez une trompette au début de l'émission mais elle sera éloignée de potentielles victimes et sera très vite rangée.

Vous verrez aussi des gens en plateau qui ne joueront d'aucun instrument mais qui seront chargés de tout nettoyer. Vous les verrez désinfecter les chaises après le passage de chaque invité mais aussi les instruments de musique. C'est la période qui l'exige. 

Dans ces conditions, on peut légitimement se poser la question de l'intérêt de produire ce type de show. Et bah vous savez quoi, je crois que c'est précisément dans ces moments là que l'art prend tout son sens. Parce qu'une performance artistique, c'est la fragilité de l'instant. C'est de l'incertitude. C'est de la maîtrise, certes, mais confronté à l'instabilité du réel. 

Ce soir, je vous propose de voir une émission imparfaite, sans doute pas toujours tenue, en proie aux imprévus. Et je suis sûr que ça va être bien. C'est quand le navire coule que l'orchestre joue la meilleure musique.

► Le Grand Echiquier, ce soir à 21h sur France 2.

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