Combien de fois se sont-ils séparés puis réconciliés ? Catherine et Jacques Beaumont (interprétés par Anny Dupeyrey et Bernard Lecoq) sont toujours là : début de la saison 14 ce soir sur TF1. Et si l'étymologie du mot "formidable" était l'une des clés de ce succès télévisé ? Théorie pas si fumeuse qu'elle en a l'air.

"Une Famille formidable" saison 14 (photo de groupe)
"Une Famille formidable" saison 14 (photo de groupe) © Pierre Guibert / Panama Productions / TF1

Le premier épisode a été diffusé en 1992 : ça en fait des secrets de familles, des adultères, des engueulades, des séparations, des enfants cachés, des remariages et même des jumeaux qu'on oublie à la boulangerie (pas de panique, on les a retrouvés assez vite).

Une série TV qui existe depuis un quart de siècle

Je vous ai parlé il y a quelques semaines de Plus belle la vie, dont la longévité est impressionnante : 14 ans. Une Famille formidable fait encore plus fort : 25 ans ! Imaginez un peu : Jennifer Lauret, qui joue Fred, l'une des filles de Jacques et Catherine, a démarré à l'âge de 12 ans. Aujourd'hui elle en a 37. Elle a passé plus de la moitié de sa vie dans la famille Beaumont.

Le parallèle avec Plus belle la vie n'est pas absurde, d'ailleurs, même si ce n'est pas le même format : à certains égards, Une famille formidable peut sembler tout aussi dégoulinant de bons sentiments. Mais le plus intéressant est ailleurs, à mon avis : et si le succès de cette série (5 millions de téléspectateurs en moyenne la saison dernière) résidait dans le mot « formidable » ? Un adjectif qui raconte un milieu social : c'est le portrait d'une famille bourgeoise française. Une famille « épatante », aurait-on pu dire aussi. Mais son étymologie, surtout, est étonnante. Et là, je dois citer Phèdre, de Racine, si vous permettez : « Et du sein de la terre une voix formidable / Répond en gémissant à ce cri redoutable. »

Quel rapport entre Racine et le feuilleton de TF1 ? 

Le mot « formidable », tel que Racine l'emploie, signifiait « effrayant, redoutable ». Ce n'était pas du tout un adjectif positif ! Au 19ème siècle, cet adjectif est passé de la crainte à l'admiration. Eh bien ce double sens colle bien à la famille Beaumont. La marque de fabrique d'une Famille formidable, c'est de passer sans arrêt du drame (ou du mélodrame) à la comédie. La mort et la maladie sont très présents dans le scenario, avec des dialogues qui pourtant restent légers, voire drôles. Ce travail d'équilibriste est sans doute l'une des clés du succès. Évidemment, la force du casting est aussi une explication de la longévité : Anny Duperey et Bernard Le Coq portent sur leurs épaules ce quart de siècle de succès populaire.

L'histoire du créateur de la série a également son importance : Joël Santoni est orphelin depuis l'enfance. Quand il a contacté Anny Duperey pour lui proposer le rôle de Catherine, il a appris qu'elle aussi avait perdu ses deux parents quand elle était petite. Il y ont vu une parenté de destin, et ce n'est pas anodin que cette rencontre soit au cœur d'une série qui fait le portrait d'une très grande famille. 

Cet entre-deux, cet exercice d'équilibriste, se retrouve aussi dans les dialogues doux amers. Soyons honnête, une famille formidable, ce sont des scénarios parfois peu crédibles, du mélo qui en fait trop, mais aussi des répliques qui font mouche. Exemples : 

Il faut absolument qu'on trouve une maison pour pouvoir s'engueuler tout l'été. Sinon on va finir par ne plus s'aimer.

C'est bien, maintenant on va enfin pouvoir devenir adultes. - Quelle horreur ! Adultes ? On ne peut pas faire ça aux enfants !

Une famille formidable. Deux épisodes inédits, ce soir à 21h sur TF1.  

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