Avez-vous remarqué qu'on ne sait pas débattre ? Que ce soit sur les réseaux sociaux, à la télé ou dans la vrai vie : on s'engueule et on ne s'écoute pas. Il y a un explication à cela : nos biais cognitifs pourrissent les débats ! Plongez-vous dans "la Tronche en biais" pour tout comprendre.

Ce monde a besoin de zététique. Joli mot, non ? La zététique, c'est l’art du doute. Cela consiste notamment à refuser les arguments d'autorité. Un zététicien averti saura distinguer ce qui relève de la science et ce qui relève de la croyance. Pour cela, il faut lutter contre notre cerveau, qui est imparfait : il n'est pas armé pour le sens critique. Nos intuitions sont souvent fausses et nous conduisent vers des conclusions hâtives. Par exemple, quand il est question de vaccins, de réchauffement climatique ou de phénomènes paranormaux (au hasard). Cette chaîne Youtube explore les limites de notre perception et les défauts de notre rationalité : c’est ce qu’on appelle des biais cognitifs. Ils sont au cœur d'une chaîne Youtube indispensable : "La Tronche en biais"

Derrière cette chaîne, il y a deux passionnés de science : Thomas Durand et Vled Tapas. L’un est biologiste, l’autre musicologue. Les deux apparaissent tour à tour à l’image. Vlad est en blouse blanche, accompagné d’une marionnette de savant fou. Thomas se filme en train de randonner, souvent.  Leurs vidéos sont souvent drôles mais très rigoureuses. Et la "Tronche en biais" s’est récemment penchée sur un phénomène que vous avez sans doute remarqué : on ne sait pas débattre. Sur les réseaux sociaux, à la télé, dans la vraie vie. On s’engueule, on s’énerve, on ne s’écoute pas. Alors, qu’est-ce qui pourrit les débats ? Eh bien il y a deux explications, détaillés dans cette vidéo :

Les biais cognitifs qui pourrissent les débats

D’abord, l’illusion de transparence. Nous surestimons notre capacité à nous faire comprendre. On s’imagine que, parce qu’on a dit ce qu’on avait à dire, alors le message est forcément passé. Et si la personne en face n’est pas d’accord avec ce que je dis, j’en déduis qu’elle n’est pas d’accord avec ce que je pense. Mais j’oublie il y a une nuance entre les deux ! Autrement dit, pour débattre sereinement, il faut régulièrement vérifier qu’on s’est bien fait comprendre et qu’on a bien compris ce que disait la personne en face. La deuxième explication concerne le ressenti, les émotions. Thomas Durand :

Quand quelqu'un me dit quelque chose et que ça me vexe, que ça me fait de la peine ou autre, personne ne peut me dire que j'ai tort d'avoir de la peine ou d'être énervé. Donc c'est que j'ai raison d'avoir de la peine ou d'être énervé. Et j'en infère que c'était le but de la personne en face. Et si quelqu'un a pour but de me faire de la peine ou de m'énerver, alors c'est un connard. Il faudrait douter de ça ! 

Parfois on est vexé et on n'a pas raison de l'être. Autrement dit : la personne en face n’avait pas l’intention de nous vexer. Alors, est-ce que ça signifie qu’il faut éliminer les émotions de l’espace du débat ? Non, mais il est plus constructif de les évoquer de manière très factuelle. En disant à l’autre, par exemple : voilà ce que je ressens quand tu dis ceci. Ainsi, vous n’accusez pas l’autre d’avoir l’intention de vous causer un dommage. Dès lors, il n’a pas à se défendre puisqu’on ne l’accuse pas, et vous pouvez échanger de manière sereine. Pensez-y !

Reste une question. Pourquoi le scientifique explique-t-il tout cela en pleine randonnée en montagne ? Peut-être pour prendre de la hauteur ! Le résultat, c'est qu'on l’écoute en attendant le moment où il va se casser la figure. Petit plaisir supplémentaire. Mais je ne crois pas que le sadisme soit un biais cognitif.

  • Légende du visuel principal: Thomas Durand, auteur de la chaîne youtube sceptique et zététique (l'art du doute) "La Tronche en biais" © Maxppp / Cédric Jacquot
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