Ce soir à 21h15, TMC diffuse "Black Panther". Sorti en salles en 2018, le film avait fait sensation puisque c'était la première fois qu'on représentait un super-héros noir à l'écran.

Black Panther, un bon gros blockbuster signé Disney et Marvel

Ici, il n’est pas question de mouvement révolutionnaire afro-américain – comme son nom aurait pu l’indiquer – mais d’un super-héros qui, comme tous les super-héros, sauve le monde et fait vendre des produits dérivés.

Un long-métrage dont on a beaucoup parlé lors de sa sortie en salles en 2018 en raison de son casting, quasi exclusivement noir. Souvenez-vous, à l’époque, aux États-Unis, c’était la folie. Certains menaçaient de boycotter le film. D’autres – au contraire – campaient devant les salles de cinéma, émus d’avoir enfin un superhéros en qui ils pouvaient se reconnaître.

Du coup, on s’est plus intéressé au symbole de représentation qu’à ce raconte Black Panther. Et c’est dommage parce que ce film nous aide à comprendre un peu mieux certains débats du moment. Je m’explique. 

Le héros – T’Challa alias Black Panther – n’est pas américain. Il est le Roi du Wakanda – un petit pays fictif situé en Afrique de l’Est. Dans l’univers Marvel, c’est même le pays le plus riche du monde. 

Et pour le rester, le Wakanda a fait le choix de vivre complètement replié sur lui-même. C’est un pays mystérieux pour le reste du monde. Seuls les Wakandais ont le droit d’y accéder. Et bien évidemment, le royaume ne s’occupe pas des problèmes et des malheurs des autres. Même de ces voisins africains.

Mais les choses vont changer avec l’arrivée au Wakanda de Killmonger, l’autre protagoniste du film…

Un cousin caché de T’Challa qui n’a pas vécu au pays. Lui a grandi à Oakland, aux Etats-Unis. Là-bas, il a connu la misère et les discriminations. Alors, quand il se rend au Wakanda pour la première fois, c’est dans un objectif bien précis : réussir à convaincre le royaume de venir en aide à tous les Noirs opprimés du monde.

Les deux cousins ne se comprennent pas. Et c’est normal. Ils ne viennent pas du même monde. L’un a grandi Wakandais parmi les Wakandais. L’autre a subi le racisme et a été renvoyé très tôt à sa couleur de peau.

Ça me fait penser à Lilian Thuram qui dit souvent qu’il est devenu noir à l’âge de 9 ans, quand il s’est installé en métropole et qu’il a eu droit à ses premières insultes racistes. Avant, il vivait en Guadeloupe donc il ne connaissait pas cette réalité-là. 

Pour T’Challa, c’est pareil. Dans un royaume africain replié sur lui-même, il n’a pas eu l’occasion d’affronter le racisme. Du coup, il ne se sent pas Noir. Et considère encore moins faire partie d’une « communauté » rassemblant afro-américains, antillais ou même africains. Il est Wakandais. Point à la ligne.

Killmonger, lui, a un autre parcours. Ce sont les discriminations qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Il a souffert et a vu d’autres Noirs souffrir. Du coup, il rêve d’une communauté triomphante et vengeresse.

Et voilà comment ce blockbuster hollywoodien a réussi à représenter deux manières très différentes d’être Noir aujourd’hui. Pour l’un, c’est un non sujet. Pour l’autre, un combat.

On peut comprendre les deux sauf que voilà, Marvel oblige, il y a une opposition. L’un est un méchant. L'autre est un gentil. Je ne vous dis pas qui est qui. À vous de choisir votre camp.

▶︎ Black Panther, à 21h15 sur TMC.

  • Légende du visuel principal: Black Panther, le super-héros qui s'attaque à la question raciale © AFP / Marvel Studios 2018
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