Il y a quelques jours, francetvslash, la plateforme jeunesse du groupe France Télévisions, a mis en ligne un film consacré au rappeur RK...

Vous ne le connaissez sûrement pas et pourtant, RK est un phénomène. C'est le plus jeune rappeur de l'Histoire à avoir décroché un disque de platine. C'était en 2019, il avait à peine 17 ans.

RK est un petit surdoué du rap. À l'âge où les ados passent le brevet des collèges, lui faisait déjà ses premiers freestyles en direct à la radio, sur Skyrock.

Alors, ne vous laissez pas tromper par son jeune âge. On n’a pas affaire à Jordy. Ce n'est pas du rap de Bisounours, non non c’est du rap dur. RK rappe la rue, ses galères et sa colère. Le vocabulaire est cru, le phrasé insolent. 

Sans doute pour ça que l’on n’entend pas parler de lui dans les médias généralistes malgré son grand succès. Parce qu’il n’a pas vocation à être un gendre idéal du rap. RK, c’est du rap qui fronce les sourcils, du rap qui plaît aux jeunes mais pas à leurs parents. 

Bravo à France Télévisions d’avoir eu le courage de faire le portrait d’un artiste aussi clivant.

Le garçon a grandi à Meaux en Seine-et-Marne. Meaux, c'est une ville connue pour son maire, Jean-François Copé mais aussi pour ses grands ensembles.

Dans ce documentaire, on le voit revenir dans la cité où il a grandi. Et c’est précisément pour cette raison que je vous en parle aujourd’hui. Peu importe que vous soyez sensibles – ou non – à la musique de RK, ce n’est presque pas le sujet. 

Au-delà de l'histoire d'un jeune qui chante

Ce film signé Benjamin Montel et Yoan Zerbit vaut le coup d’être vu parce qu’il raconte bien plus que l’histoire de ce jeune artiste. 

Il raconte à travers ce personnage la vie de quartier. De ces jeunes des cités HLM qui, même après avoir rencontré le succès, n’arrivent pas à couper le cordon avec l’endroit où ils sont nés.

Le film s'ouvre sur séquence magnifique. Un barbecue sauvage organisé en bas des tours qui rassemblent des jeunes du quartier. En l'espace de quelques minutes, on a une photographie de la vie de ces jeunes qui tranche avec ce que l’on voit habituellement à la télé. Sans alarmisme ni angélisme. Juste une séquence profondément authentique.

Le reste du documentaire est pétri de sincérité. RK aborde tous les sujets. On l’entend parler de son rapport au succès. De ce que ça fait d’être celui qui réussit quand le reste du quartier reste à l’arrêt.

Il évoque aussi son passage en foyer d’accueil qui lui a permis d’avoir un cadre à une période où il aurait pu déraper. Et ose même parler de sa structure familiale complexe, entre une maman dépassée par ses bêtises et un papa incarcéré. 

On aurait pu s’attendre au récit du rappeur à peine majeur à la success story fulgurante. Au lieu de ça, on a une histoire universelle. Celle d’un gamin qui a grandi trop vite et qui, pour ne pas perdre pied, reste proche de ses repères. Et ses repères à lui sont à la cité. 

Un documentaire pudique à ne pas louper.

« RK, le rêve d’un gosse » est donc à retrouver sur le site de francetvslash.

  • Légende du visuel principal: Le rappeur RK © Capture d'écran: https://www.france.tv/slash/jump/saison-1/2144909-rk.html
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