Bill Murray n'en finit pas de revivre la journée de la marmotte. "Un jour sans fin", film devenu culte, est diffusé ce soir sur Chérie 25. C'est l'occasion de questionner l'ordinaire de nos vies, les gestes répétés chaque jour : peut-on s'émerveiller de la routine? Oui !

Ce soir, Chérie 25 diffuse un film à ne pas rater : "Un jour sans fin". Vous l'avez déjà vu? Moi aussi. Mais c'est le film par excellence qu'il faut re-re-revoir, puisqu'il raconte une journée qui se répète à l'infini. Film d'Harold Ramis, sorti en 1993, avec l'immense Bill Murray et la non moins géniale Andie MacDowell. Un journaliste de télévision américain spécialiste de météo, un peu odieux, passe la journée dans un bled paumé pour la fête de la marmotte et se retrouve coincé dans cette journée. Chaque matin, c'est encore le jour de la marmotte. Le réveil sonne, il est 6h, toujours Sonny and Cher à la radio et « salut les campeurs, haut les cœurs, habillez-vous, ça caille aujourd'hui » : quelques mots inoffensifs que pourrait prononcer Marie-Pierre Planchon mais qui peuvent rendre complètement cinglé si on les entend tous les matins.

Une journée qui se répète, donc. Au début, notre journaliste météo trouve ça horrible, puis il décide de s'en amuser et de tenter des expériences. Ce sera l'occasion de mourir plusieurs fois, mais aussi de séduire Andie Mac Dowell qui, elle, vit cette journée pour la première fois à chaque fois.  

S'émerveiller devant l'ordinaire

Vous feriez quoi, vous, si vous étiez coincé(e) dans une journée qui se répète? On gagnerait à se poser souvent la question, pour sonder nos envies profondes. Mais l'intérêt de ce film, surtout, c'est de ré-enchanter la routine. J'ai conscience de dire ça à un horaire où elle pèse de tout son poids. Le matin, on fait les mêmes choses toujours à la même heure. Et si la répétition des gestes ordinaires était la plus belle chose qui nous arrive? Et si c'était une chance? Voilà ce que dit "un jour sans fin", ou plutôt voilà ce qu'on peut choisir d'y voir. Il y a une richesse insoupçonnée de l'ordinaire dans nos vies. Parce que ce sont des moments de stabilité rassurante auxquels on peut se raccrocher, et que l'on partage, souvent, avec ceux qu'on aime. La routine n'est triste ou pesante que si on décide de la voir ainsi. On peut, comme Georges Pérec, s'émerveiller de « ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel. » Il faudrait interroger ce qui ne nous étonne plus. Pourquoi fait-on comme ceci et non comme cela, tous les matins? La douche, le café, s'habiller. Pourquoi dans cet ordre-là? Tout questionner. S'émerveiller.

Décrivez votre rue, conseille Pérec. Puis décrivez-en une autre. Et comparez. Faites l'inventaire de vos poches, de votre sac. Questionnez vos petites cuillers.

Et si notre routine nous racontait mieux que notre métier ? Finalement, la répétition quotidienne de ces gestes banals est aussi magique que la répétition du jour de la marmotte : on peut s'en agacer ou choisir d'en profiter, comme le fait successivement Bill Murray dans le film. 

La même journée pendant 34 ans

"Un jour sans fin" est un film culte alors il a bien sûr été décortiqué par les fans sur Internet : j'ai ainsi appris qu'on voyait 38 fois la même journée. Mais si on se fie aux infos distillées dans le film (notamment le fait que Bill Murray soit devenu un pianiste de génie ou qu'il ait vu cent fois "Heidi 2"), on peut estimer qu'il a vécu 12400 fois la fête de la marmotte, ce qui correspond à 34 ans coincé dans cette journée : ça laisse le temps de s'émerveiller ! 

"Un jour sans fin", film d'Harold Ramis. Ce soir à 20h55 sur Chérie 25. 

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