Etienne Daho se confie dans une beau documentaire à voir sur France 3. Il raconte notamment un épisode très sombre de sa vie, et piétine au passage les poncifs sur l'artiste forcément malheureux, qui trempe sa plume dans ses névroses...

Son premier succès date de 1982. « Le grand sommeil » : c’est le tout début de la Dahomania. Un succès fulgurant à l’aube d’une carrière de presque 40 ans. Ce vendredi 22 mars, France 3 diffuse à 23h un documentaire de Christophe Conte et Sylvain Bergère : Daho par Daho. Je le recommande à tout le monde, et pas seulement aux fans du chanteur.

Biographie discographique

D’abord parce qu’il est très soigné sur la forme : c’est un bel objet télévisé. Il n’y a pas de voix off, pas de commentaire, et pas d’autre intervenant que Daho lui-même : chose rare, quand on brosse le portrait d’un chanteur. C’est une biographie discographique, en quelques sortes. Daho se raconte par le prisme de ses chansons. Son enfance en Algérie. Son arrivée en France, ses débuts de musicien à Rennes. Le tout est accompagné d’images d’archives et de clips... avec tout ce que ça implique d’évolutions capillaires. Ah, les délicieuses années 80 !

Quand aller mieux n'est pas un problème...

Mais surtout, il se dit des choses passionnantes sur la création. Vous connaissez le poncif selon lequel un artiste a besoin de souffrir pour être inspiré. Ce cliché agaçant est ici piétiné. Car le chanteur raconte un épisode sombre de sa vie. Il y a eu à cette époque un excès de tout. Excès de travail et de nuits blanches. Un « excès d’excès », dit-il pudiquement. Mais aussi une rupture amoureuse et la mort de son père. Tout ça en même temps. Il était en pleine tournée mondiale. Et un soir, dans une chambre d’hôtel à Los Angeles, la perspective de devoir repartir au Japon le lendemain l’a paralysé.

Cela me paraissait insurmontable. Je me sentais coincé au milieu de l'univers, loin de chez moi. Je me suis senti attiré vers la fenêtre et j'ai commencé à enjamber la fenêtre, pour sauter. J'avais l'impression d'être arrivé au bout de quelque chose. J'avais perdu ma trace, quoi. 

Il s’est ravisé, heureusement. Il est rentré en France et il est allé directement voir un psy. Il explique alors que le travail sur lui-même ne l’a pas « asséché », bien au contraire. Il pouvait encore écrire des chansons, sans tremper sa plume dans ses névroses ! Il s’est même rendu compte qu’en allant mieux, il s’est plus tourné vers les autres. Et ça donne des chansons qui parlent à tout le monde : après l’épisode de la fenêtre, il y eut le premier jour du reste de sa vie...

J’ai été cueillie, vraiment, par le verbe d’Etienne Daho : sa façon de se dévoiler pudiquement, la très belle langue qu’il emploie. Emballée, en un mot, par la classe de cet homme ! « Tous les espoirs me sont permis puisque je suis en vie ». C’est lui qui le dit, dans une autre chanson.  

Daho par Daho : vendredi 22 mars, en deuxième partie de soirée, sur France 3 et ensuite en replay.

  • Légende du visuel principal: Etienne Daho © Getty
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