Pour Redwane Telha, ce film est un petit bijou. Un film d'animation de Pixar, qu'il a découvert un peu par hasard...

L'Envol, bouleversant et formidable court-métrage de 9 minutes sur le handicap, et le regard qu'un père porte sur son fils handicapé (détail de l'affiche)
L'Envol, bouleversant et formidable court-métrage de 9 minutes sur le handicap, et le regard qu'un père porte sur son fils handicapé (détail de l'affiche) © Film Sparkshorts - L'Envol

C'était un soir où il n'y avait rien à la télévision. Du coup, je me suis mis sur Disney+, la plateforme du géant américain et c'est là que je suis tombé sur ce petit film produit par Pixar. Vous savez Pixar, c'est cette filiale de Disney pionnière dans le cinéma en image de synthèse et qui s'est spécialisée avec le temps dans des récits capables de faire pleurer petits et grands.

Alors, si vous êtes prêt à passer un moment lacrymal à souhait, restez avec nous. Parce que le film dont je vais vous parler aujourd'hui m'a beaucoup fait pleurer.

Il s'appelle L'Envol et il s'attaque à un sujet qu'on évoque trop peu dans l'univers édulcoré de Disney. Il parle de handicap. Et plus précisément du regard des parents sur leurs enfants handicapés. Et pour se faire, le réalisateur Bobby Rubio s'est servi d'une jolie métaphore.

Le handicap, la différence, est ici représentée par un don un peu particulier. L'enfant de ce film est capable de s'envoler, de léviter à quelques mètres du sol

Au départ ça surprend beaucoup son papa mais il n'a pas l'air de s'en faire. Il paraît même fasciné par ce don. Jusqu'au jour où ce don devient une différence, lorsqu'il se confronte au regard extérieur. Symbolisé ici par des voisins qui passent à côté du jardin de la famille et qui s'enfuient, effrayés par la particularité de l'enfant.

Du coup le père fait tout pour la camoufler. Il veut que son enfant paraisse aussi normal que possible. Pour éviter qu'il s'envole, il glisse quelques pierres dans son sac à dos. C'est le seul moyen de se promener en évitant les regards curieux.

Sauf que ça n'a franchement pas l'air de plaire au petit garçon qui ne veut pas se cacher. Qui rêve d'être pleinement ce qu'il est. Comme tous les autres garçons de son âge. 

Et lorsqu'il passe à côté d'un jardin d'enfants, il ne peut plus faire semblant. Il lâche ce sac qui le cloue au sol et s'envole. Et on le voit heureux tourbillonnant autour des toboggans et des jeux en tout genre. Son père panique et se fige face à tous ces regards interloqués de parents et d'enfants.

Son fils, lui, n'y prête pas attention et continue de s'amuser. Il a un sourire jusqu'aux oreilles. Sourire qui disparaîtra quand son père sonnera la fin de la récréation avec une phrase assassine.

Mais pourquoi tu peux pas être normal ?!!

L'enfant ne s'envole plus. Il accuse le coup et ne sourit plus du tout

Son père s'en veut et comprend que l'essentiel n'est pas dans le regard des autres. Devant tous les parents et tous les enfants, il prend son fils, le libère de sa veste et de son sac, monte sur une balançoire et l'incite à s'envoler à nouveau.

Et grâce aux encouragements de son père, le petit reprend peu à peu confiance en lui et se remet à léviter.

Il est magnifique ce dessin animé. Et quand on a connu de près ou de loin le handicap, on ne peut qu'être troublé par la justesse et la sincérité de ce récit.

Et pour cause : le film se termine par une déclaration d'amour du réalisateur Bobby Rubio à son fils handicapé. Ce père qui a eu honte de son fils, c'était lui. Et tant d'autres pères avant lui. 

Sincèrement, précipitez-vous sur ce film. C'est sur Disney+, une plateforme payante. Mais pour d'aussi belles œuvres, ça vaut le coup de payer. 

  • L'Envol, un court-métrage de 9 minutes à découvrir sur Disney+
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