La série adaptée du roman de Margaret Atwood est rediffusée en France à partir de samedi sur OCS. Une dystopie glaçante qui résonne comme un manifeste féministe.

Elisabeth Moss
Elisabeth Moss © George Kraychyk/Hulu

Les femmes sont presque toutes stériles. Celles qui peuvent encore avoir des enfants sont devenues des esclaves sexuelles au service de l'élite. Elles n'ont plus le droit de travailler, de lire ou d'avoir de l'argent. Bienvenue dans le futur !

The Handmaid's Tale (oui c'est imprononçable, optez pour le titre en VF, "la servante écarlate") est une claque magistrale. Une série à laquelle vous pensez longtemps. Heureux les abonnés à OCS, donc (la chaine en revendique près de 3 millions) : à partir de demain, et à raison de deux épisodes par semaine, ils vont pouvoir dévorer cette série glaçante, saisissante, fascinante. Et d’ici quelques mois, elle devrait être diffusée sur HD1, chaîne gratuite cette fois.

The Handmaid's Tale est une dystopie, qui nous confronte au pire pour mieux le mettre à distance. Ces œuvres de fiction qui imaginent le pire, comme le roman 1984 d’Orwell, sont des épouvantails, des repoussoirs, dans lesquels on se plonge pour mieux comprendre ce qu’il faudrait éviter. Ce qui est ahurissant, dans « la servante écarlate », c’est que ce régime autoritaire - on le comprend grâce à des scènes de flash-back - ne s’est pas imposé du jour au lendemain. « Personne ne s’est réveillé quand ils ont suspendu la constitution pour lutter contre le terrorisme », explique Ofred (incarnée par la brillante Elisabeth Moss, également héroïne de la série Madmen). Tout est arrivé petit à petit. « Dans une baignoire qui chauffe progressivement, on meurt ébouillanté sans s’en apercevoir. »

Dystopie repoussoir, donc. Mais pas du tout farfelue. Car Margaret Atwood, l’auteure du roman, s’était fixé une règle : ne rien inclure que l’humanité n’ait pas déjà fait ailleurs ou à une autre époque, ou pour lequel la technologie n’existerait pas déjà.

C’est une série résolument féministe, même si Elisabeth Moss, membre de l’église de la scientologie, semble avoir quelques problèmes avec le terme. On pense à cette citation de Simone de Beauvoir :

N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.

Alors oui, c’est une série glaçante, mais je ne voudrais pas laisser croire que c’est désespérant. Non, car il y a une porte de sortie. « La servante écarlate », comme toutes les dystopies, raconte l’histoire de quelqu’un qui choisit de se battre contre la catastrophe et, dans ce combat, va retrouver son identité. De quoi se convaincre que le pire n’est jamais certain.

The handmaid’s tale, la servante écarlate. Épisodes 1 et 2 à voir demain soir samedi sur la chaîne OCS.

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