Initialement destiné à sortir en salles, "Soul" est l'un de ces films victimes du coronavirus. Le film d'animation des studios Disney & Pixar sera diffusé directement sur Internet : disponible dès le 25 décembre sur la plateforme Disney+.

Quel regret de ne pas pouvoir ce film en salles… Il est tellement beau… Tellement révolutionnaire dans sa manière d’appréhender la lumière, les couleurs, la texture…

Si vous en avez la possibilité, regardez-le sur votre télé. Ce serait pêcher de le voir sur un écran d’ordinateur ou pire, sur une tablette !

Depuis 1996 et la story de Toy Story en image de synthèse, Pixar nous a habitués à repousser les limites du possible. Mais je ne m’attendais pas à une telle claque visuelle. J’ai regardé ce film avec ma femme et on en était scotché sur le canapé. Tellement c’est superbe.

Et puis, vous le savez si vous avez vu certaines œuvres de Pixar. L'autre grande force du studio, c’est le propos. Des récits toujours malins avec cette fameuse double lecture pour plaire à la fois aux petits et aux grands.

Et là encore, "Soul" ne déroge pas à cette grande tradition…

C’est l’histoire de Joe, un jazzman raté qui, le jour où il décroche l’audition dont il rêve tant, finit par mourir bêtement.

Et alors qu’il est en route vers l’au-delà, "le grand après" comme c’est joliment dit dans le film, il décide de lutter. Non, il ne peut pas mourir avant d’avoir réussi sa vie. Il faut absolument qu’il parvienne à échapper à ce sort funeste.

Il finit par s’échapper du "grand après" mais tombe par mégarde de l’autre côté du vortex, dans "le grand avant" où sont rassemblées les âmes naissantes qui n’ont pas encore de corps terrestre.

Là-bas, il rencontre 22. Une jeune âme perdue qui n’a franchement pas envie de vivre sa vie. Elle va tout de même aider Joe à retrouver la sienne. Et en échange, lui fait tout pour la convaincre que la vie vaut la peine d’être vécue.

C'est la grande question de Soul : À quoi bon s’acharner à vouloir vivre ? Question abyssale à laquelle cherche à répondre ce film.

Au début du film, Joe est persuadé qu’il doit vivre pour réussir. Mais à l’orée de la mort, est-ce cela qui est vraiment important ? Est-ce la raison de notre existence ?

Et au-delà même de la question de la réussite, Soul s’interroge sur cette obsession très humaine de vouloir à tout prix trouver un sens à la vie. 

Dans cette quête, certains se réfugient à corps perdu dans des hobbys. Comme Joe avec le jazz. Au risque parfois de se laisser dévorer par leurs passions et de sombrer dans la dépression.

Des thématiques profondes

Dis-comme ça, on a tout sauf l’air d’être d’un film de Noël pour les enfants. Mais c’est là tout le génie de Pixar. Parvenir à faire glisser des thématiques très profondes dans une aventure joyeuse à la portée des plus petits.

Mais il faut tout de même reconnaître à Soul une réelle prise de risque. Jamais un film de ces studios n’avait été aussi complexe et intelligent. 

Et puis, il faut aussi lui reconnaître un certain courage politique. Parce que le message de Soul va à l’encontre de la pensée dominante. Il revendique une forme de passivité face à la vie. 

Il nous rappelle que nous ne sommes pas obligés d’être acteur de ce "grand tout". Entre le "grand avant" et le "grand après", nous pouvons aussi nous contenter de nous arrêter, de ne rien faire si ce n’est contempler.

En réalité, Soul est un film libre. Libre comme la vie. Libre comme le jazz.

► "Soul" est à retrouver sur Disney+ dès demain

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  • Légende du visuel principal: Image extraite de "Soul" le nouveau chef d'oeuvre des studios Pixar © The Walt Disney Company France
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