Ce court-métrage d'Eduardo Williams est à voir gratuitement sur Tënk pendant une semaine. Une déambulation dans les rues de la capitale vietnamienne, en compagnie d'un jeune homme : Hao et ses amis grimpent sur les immeubles, sautent de toits en toits et défient la loi de la gravité.

Direction Hanoï en passant par Buenos Aires, mais sans le bilan carbone d’un vol long-courrier ! Voici un documentaire signé d’un réalisateur Argentin, Eduardo Williams, et tourné dans les rues de la capitale vietnamienne. Ce film, « j’ai oublié ! » est à voir gratuitement sur Tënk pendant une semaine, grâce à un partenariat avec France Inter. Une plongée vivifiante dans les rues de Hanoï. 

Une errance poétique

Nous voici à la terrasse d’un bar, en pleine nuit. La personne qui nous intéresse, c’est le serveur de ce bar. Il s’appelle Hao : un grand gaillard qui trimbale, dans le regard, un charmant reste d’enfance. On le suit partout. La caméra est derrière lui quand il circule en mobylette dans la ville, quand il prend le bus, quand il fait ses courses au supermarché. Elle est par-dessus son épaule quand il travaille sur un chantier, car Hao multiplie les petits boulots. Ce choix de positionnement de la caméra donne au film un parfum d’errance, très poétique. C’est une déambulation humide, on est en pleine saison des pluies au Vietnam. Et dès que le temps devient plus sec, à la tombée du jour, dans une très belle lumière, Hao et ses copains se mettent à faire des bonds.

Délicieux vertige

Oui, des bonds. Comme des yamakasi ! Ils sautent d’un immeuble à l’autre en passant par les fenêtres. Nous sommes dans un chantier à l’abandon. Des bâtiments qui devaient devenir des villas pavillonnaires, apparemment, mais le chantier semble avoir été délaissé et offre à ces athlètes un décor idéal pour affronter le vide. Ils escaladent les façades, sautent d’un toit à l’autre. Ils s’élancent presque à l’horizontal et attrapent les parois avec les mains. C’est très spectaculaire. Ils fanfaronnent, évidemment, mais ne cachent pas leur peur. « J’ai la trouille », crie Hao à ses copains. Et quand finalement il parvient à s’élancer, on jubile avec lui.

Précisons qu’ils ne font pas ça n’importe comment. Il y a, en amont, du repérage, beaucoup d’échauffement, de la préparation, même si, évidemment, la pratique reste dangereuse. Si, comme moi, vous frissonnez en songeant ceux qui provoquent les lois de la gravité, allez faire un tour sur Youtube : vous y trouverez des centaines de vidéos de Yamakasis et de « free run » (des hurluberlus qui courent et font des saltos sur les toits des immeubles). Chair de poule garantie. 

Revenons en à ce documentaire. Ce qui est très malin, c’est que tout semble construit pour aboutir à ces quelques minutes de sauts, à la fin. Ce film sans voix off, sans commentaire, est presque une expérience sensorielle. A force de suivre ce jeune homme, on a endossé sa nonchalance, son envie de liberté... et c’est tout naturellement qu’on savoure avec lui le vertige. Lorsqu’il lance à l’un de ses copains : « J’ai l’impression que les pores de ma peau s’élargissent de plus en plus », notre épiderme comprend ce qu’il voulait dire. Et quand, soudain, la caméra s’envole mystérieusement, sans doute grâce à un drone, quand on prend de plus en plus de hauteur, on réalise qu’on a apprivoisé le vertige. 

►► « J’ai oublié ! ». A voir gratuitement sur Tënk jusqu'au 1er juillet (cliquez sur le triangle pour visionner le film).

  • Légende du visuel principal: Ils sautent de toit en toit et apprivoisent le vertige... © Eduardo Williams © Kazak Productions - Agence du court métrage
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.