24 ans après sa sortie au cinéma, il y a toujours autant de raisons de revoir Forrest Gump que de chocolats dans la fameuse boite dont lui parlait sa maman. Ce soir sur TMC.

Désolée pour le coup de vieux mais Forest, Jenny, les crevettes et la boite de chocolats sortaient sur les écrans de cinéma il y a 24 ans, en 1994. Le film de Robert Zemeckis est diffusé ce soir sur TMC. On l'a déjà vu dix fois? Évidemment. Mais j'ai déjà eu l'occasion de dire ici combien il est précieux de revoir certains films. Notamment pour constater qu'on a soi-même changé depuis la dernière fois : on ne sourit plus aux mêmes scènes, tel passage qui nous laissait de marbre va soudain nous émouvoir. Il faut revoir Forest Gump pour prendre des nouvelles de soi-même. Pour le plaisir de l'attente aussi : car non, vous ne vous souvenez pas de tout le film et il faut attendre les scènes qui sont restées gravées dans votre mémoire pour savourer la nostalgie (cours Forrest, cours !). 

Pourquoi court-il ?

Ce qui ne gâche rien, c'est la BO exceptionnelle. Les Beach Boys, the Mamas and the Papas, les Doors, Simon and Garfunkel, les Doobie Brothers et j'en passe : la musique de Forrest Gump est en or massif. 

Saviez-vous qu'il y avait une suite ? Forrest Gump, avant d'être un film avec Tom Hanks, était un roman signé Winston Groom. Eh bien cet auteur a écrit une suite : Gump & cie. Publié en 95 aux Etats-Unis, le livre vient seulement d'être traduit en français et publié en novembre dernier aux éditions du Cherche Midi. Dans ce deuxième volet, Forrest élève seul son fils et le principe est le même : le personnage traverse son époque en participant involontairement à l'Histoire, notamment à la chute du mur de Berlin. Et il continue à courir, courir, courir...

Pourquoi court-il? Pour la paix dans le monde? Pour l'environnement? Forrest ne le sait pas lui-même. Cette scène du film est fascinante : il court sans jamais s'arrêter et les gens se mettent à le rejoindre, chacun pour une raison différente. Magnifique hommage à une quête de sens universelle. Évidemment, ce film est aussi un peu guimauve, dégoulinant de bons sentiment, mais c'est une ode à la différence et c'est aussi très drôle. Et presque existentiel, à certains égards : Forrest ne comprend pas grand chose à ce qui se passe autour de lui : la guerre du Vietnam, le Watergate, le rock ! A l'absurdité de la vie, il répond par un grand sourire et vous tend une boite de chocolats. Il est trop bon, trop con, ce Forrest Gump? Non, il est la preuve vivante des super-pouvoirs de la bienveillance. 

Forrest et la sagesse stoïcienne

Dernière chose (et tant pis pour ceux que ça fera ricaner) : Forrest Gump incarne la sagesse stoïcienne. Il faut apprendre à distinguer ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi. C'est très important, pour ne pas se sentir débordé, oppressé, dans la vie quotidienne. Forrest Gump se laisse parfois porter par le courant, il ne maitrise pas tout, mais ça ne l'empêche pas d'être heureux et d'avoir une vie bien remplie. Ce garçon, dont tout le monde moquait la bêtise quand il était petit, a peut-être bien lu le Manuel d'Epictète !

Forrest Gump, de Robert Zemeckis. Lundi 26 février à 21h sur TMC. 

Légende du visuel principal:
Tom Hanks dans Forrest Gump de Robert Zemeckis © Paramount Pictures Spain
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