Dimanche soir, Canal+ diffuse "Late Night", un film sorti en salles en août dernier. Avec Emma Thompson et Mindy Kaling. Un film qui parle de télévision. L'histoire d'une animatrice de late show, ces émissions typiquement américaines qui mixent information et divertissement et qui passent très tard le soir.

Affiche de "Late Night". Une célèbre présentatrice de « late show » sur le déclin est contrainte d’embaucher une femme d’origine indienne, Molly, au sein de son équipe d’auteurs.
Affiche de "Late Night". Une célèbre présentatrice de « late show » sur le déclin est contrainte d’embaucher une femme d’origine indienne, Molly, au sein de son équipe d’auteurs. © .

Un film qui parle de télévision. L'histoire d'une animatrice de late show, ces émissions typiquement américaines qui mixent information et divertissement et qui passent très tard le soir. 

Aux Etats-Unis, les late show sont de vraies institutions et sont traditionnellement animés par des hommes. Mais dans ce film, c'est une animatrice qui règne sur les fins de soirées américaines. Katherine Newbury, interprétée par une Emma Thompson, impeccable comme toujours.

Une animatrice qui a réussi à s'imposer dans ce monde d'hommes au début des années 90 grâce à sa fraicheur et grâce, aussi, aux valeurs qu'elle portait. Des valeurs progressistes, féministes, profondément égalitaires et qui ont bien secoué, à l'époque, la société américaine.

Mais voilà, aujourd'hui Katherine Newbury a pris de l'âge, est devenue un peu aigrie et n'est plus tout à fait en phase avec les combats de l'Amérique progressiste d'aujourd'hui. Ses audiences chutent et son monde se retrouve totalement bouleversé quand on lui annonce qu'elle va être remplacée par un jeune homme fringant.

Dans le même temps, une petite nouvelle intègre la bande qui l'aide à préparer l'émission. Elle s'appelle Molly, c'est une jeune femme d'origine indienne, issue de la classe ouvrière, qui dénote totalement au milieu de cette équipe de production composée jusque là de jeunes hommes blancs plutôt friqués.

Et comme on est dans une comédie américaine, c'est bien évidemment Molly qui va sauver la peau de l'animatrice et de l'émission.

'Late Night' n'est pas le film de l'année : c'est une comédie sympa, ni plus ni moins

Mais il a le mérite de nous offrir un vrai discours sur la diversité à la télévision. Et c'est précieux.

Parce qu'on a trop tendance à penser que la représentation de la diversité à la télé consiste à compter les visages plus ou moins colorés à l'écran. Ou encore à faire la liste des femmes ou des personnes handicapées présentes sur les plateaux.

Ça ne suffit pas. Pour avoir des émissions représentant toute la diversité de nos sociétés, il faut aussi - et surtout - rendre compte de cette diversité au sein des équipes. À tous les postes. C'est ce qui permet l'échange et c'est ce qui enrichit le discours médiatique.

Il ne suffit pas de changer l'affiche. Il faut une vraie mutation en profondeur. Dans "Late Night", Katherine Newbury est bien une femme mais elle est en minorité au sein de sa propre équipe et a fini, de fait, par épouser une vision très masculine du monde.

L'arrivée de Molly a tout changé et leur a permis de revoir certaines idées. C'est de ça dont les médias ont besoin. De plus de complexité. De ne pas avoir qu'un seul et même regard sur notre société.

Et là, je sors un peu du film et je ne peux m'empêcher de penser à la télévision française que je regarde tous les jours. Et vous savez quoi ? Je crois que nous aussi on aurait bien besoin de plus de Molly.

Late Night à retrouver dimanche à 21h00 sur Canal .

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