"Mon nom est Personne", western de 1973 avec Terence Hill et Henry Fonda, est diffusé ce lundi 27 août sur France 3. Une réflexion toujours d'actualité sur l'admiration et l'inévitable déception qu'elle engendre.

Le lundi, c'est spaghetti. France 3 diffuse ce 27 août un délicieux western spaghetti. Sans doute le meilleur de cette catégorie : Mon nom est Personne, un film sorti en 1973, inspiré et parrainé par Sergio Leone, mais réalisé par son assistant, Tonino Valerii. Avec Terence Hill, Henry Fonda et une bande originale légendaire signée Enio Morricone.

La plupart de ceux qui ont vu ce film se souviennent surtout de la scène des baffes. C'est vrai qu'elle est fabuleuse. Terence Hill colle une raclée à un type dans un saloon : il lui pique son flingue d'une main, et lui flanque une gifle de l'autre. Ensuite, même chose avec l'autre flingue et l'autre joue, et ainsi de suite. Le gag est très visuel et fonctionne à merveille. C'est idéal pour affronter la fin des vacances !

Ce qu'admirer veut dire

Mais ce film est surtout une réflexion sur l'admiration, et à ce titre il sera toujours d'actualité. Henry Fonda incarne Jack Beauregard, un as de la gâchette qui n'est plus tout jeune et qui veut quitter le Far West. Il rêve d'une retraite en Europe. Mais il croise la route de celui qui se fait appeler Personne (jolie référence au cyclope, dans l'Odyssée d'Homère). Personne, incarné par Terence Hill (dont les yeux sont d'un bleu à se damner), est un fan absolu de Jack Beauregard. Il a suivi ses exploits depuis qu'il est gosse et veut que son idole accomplisse un tout dernier fait d'arme avant de tirer sa révérence : qu'il affronte la horde sauvage, une bande de gangsters qui sème la terreur dans la région. 

Le film en lui-même est aussi un exercice d'admiration, d'ailleurs : un hommage aux grands classiques du western. Il est truffé de références, mais accessible sans problème à ceux qui ne les maitrisent pas, ce qui est une belle prouesse. Et il montre, je le dis sans trop dévoiler l'intrigue, comment réconcilier l'admiration et la déception qu'elle engendre.

L'oisillon, la vache et le coyote

La pépite de ce western, encore plus que la scène des baffes, c'est la fable du petit oiseau. Une histoire que Personne tient de son grand père. Il était une fois un oisillon qui ne savait pas encore voler. Un soir d'hiver, il tombe de son nid. Alors il se met à crier, parce qu'il meurt de froid. Heureusement, une vache arrive. Elle soulève sa queue et plaf, elle pose sur lui une belle bouse fumante. Le petit oiseau se retrouve bien au chaud. Mais voilà qu'il se remet à crier, encore plus fort qu'avant. Alors un vieux coyote arrive. Il extrait délicatement l'oiseau de la grosse crotte, le nettoie, et ensuite... il n'en fait qu'une bouchée. 

La morale de cette histoire? C'est Jack Beauregard qui la trouve : 

Ceux qui te mettent dans la merde ne le font pas toujours pour ton malheur et ceux qui t’en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur. Mais surtout, quand tu es dans la merde, tais-toi !

Mais attendez... Je réalise soudain que le gouvernement pourrait se servir de cette fable pour faire passer des réforme impopulaires ! Jack Beauregard y voit la morale "des temps nouveaux". Non non, il n'a pas dit "nouveau monde".

Légende du visuel principal:
Celui qui se fait appeler Personne (Ternece Hill) admire Jack Beauregard (Henry Fonda) depuis le plus jeune âge. © AFP / Rafran Cinematografica / Les Fil / Collection ChristopheL
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