A voir en replay sur Arte, ce film sorti en 2011, avec Maggie Gyllenhaal, Hugh Dancy et Ruppert Everett raconte l'invention (romancée, mais basée sur des faits réels) d'un appareil électrique pour "soigner" les femmes qui souffraient d'une prétendue hystérie. Un film drôle, charmant, mais aussi politique.

Voici un film réjouissant qu’il serait dommage de rater sous prétexte qu’on a fait une pause de télé pendant les vacances. "Oh my God" est à voir en replay sur le site d'Arte. Il raconte comment, dans l’Angleterre puritaine et corsetée de la fin du 19ème siècle, fut inventé le vibromasseur ! Film inspiré de faits réels, sorti en 2011, avec Maggie Gyllenhaal et Hugh Dancy, mais aussi le délicieux Ruppert Everett dans un second rôle. 

L'hystérie féminine, un prétendu fléau

Nous sommes à Londres en 1880, dans le cabinet du très chic Docteur Darlymple. Il est spécialiste de ce qu’on appelait à l’époque « l’hystérie féminine ». Un mal prétendument lié à une suractivité de l’utérus, qui peut parfois être très grave, affirme-t-il. Mais dans ses manifestations les plus bénignes (que sont l’anxiété ou la mélancolie), l’hystérie est tout à fait curable, à en croire ce cher docteur. Comment ? Eh bien en pratiquant un massage sur la table d’examen. Attention, il ne parle jamais de plaisir, c’est un traitement médical ! Mais étonnamment, son cabinet est archi-complet. Alors il embauche un jeune médecin pour lui prêter main forte : Mortimer Granville. Et c’est ce dernier, avec l’aide d’un ami mordu d’innovation, qui invente une machine pour ... soigner plus facilement les patientes. Une machine qui vibre.

Derrière la comédie romantique, une réflexion politique

Le mérite de ce film, c’est de glisser une réflexion politique, féministe, derrière une sympathique comédie romantique so british. L’hystérie féminine telle qu’elle était présentée à l’époque (le terme a disparu des diagnostics médicaux dans les années 1950) recouvrait tous les maux, de l’insomnie à la rage de dents. C’est ce qui révolte la fille du docteur Darlymple, incarnée par Maggie Gyllenhaal. L’hystérie est surtout un fourre-tout très pratique pour ne pas voir l’insatisfaction des femmes, qui n’ont pas le droit de vote, qui sont reléguées aux tâches ménagères, et dont personne ne se soucie du plaisir. 

Une histoire basée sur des faits réels

Et c'est donc une histoire presque vraie, même si elle est largement romancée. Le vrai Mortimer Granville a bien inventé, en 1883, un outil vibrant destiné à soulager les douleurs musculaires et était réservé aux hommes, justement pour ne pas être associé « aux caprices de l’hystérie féminine » ! Mais sa machine a rapidement été détournée pour d’autres usages... Donc oui, c’est bien ce sacré Mortimer qui a inventé le vibromasseur. 

Il n’est pas inutile de se souvenir de tout ce que recouvre ce mot « hystérique », qui est encore souvent employé aujourd’hui. Vocable construit sur la même racine que le mot « utérus ». C’est un truc de nana, évidemment, de s’énerver et de parler trop fort ! Et quand on traite un homme d’hystérique, en réalité, on le traite de... femme. Peut-être serait-il opportun, donc, de se passer de ce mot ?

Ce film n’est pas un chef d’œuvre, il souffre notamment d’une réalisation un peu attendue, mais pour les scènes désopilantes de massage thérapeutique et pour le message politique qu’il porte, c’est un vrai plaisir. « Oh my God » avec un grand G.

"Oh my god". Film de Tanya Wexler. En replay sur le site d’Arte jusqu’au 16 septembre 2019. 

  • Légende du visuel principal: Quand un médecin très à cheval sur les bonnes manières entend soigner la prétendue "hystérie féminine". (Hugh Dancy, Maggie Gyllenhaal). © © WDR/Liam Daniel
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