Qui était Keith Haring, pape du street art et égérie de la scène artistique new-yorkaise, mort du sida en 1990 ? Arte diffuse un documentaire sur cette figure éminente de la culture populaire.

Si vous ne connaissez pas son nom, vous connaissez forcément ses dessins. Keith Harring est au cœur d'un documentaire à voir sur Arte. Le style « cartoonesque » de cet artiste américain est en effet très connu, repérable entre mille. Des petits bonshommes rayonnants qui sautent partout, des chiens, des bébés à quatre pattes. Ses dessins à première vue naïfs ou simplistes sont un langage, un vocabulaire à part entière. 

Capter l'attention dans le métro

L’un des intérêts de ce documentaire, c’est d’ausculter le moment précis où surgit le succès. On découvre d’abord l’enfance de Keith Harring, dans un coin très sage de Pennsylvanie. Ensuite l’arrivée à New-York à la fin des années 1970. Keith Harring peint sans relâche, il invente son style. Il tisse aussi des liens avec tout un milieu underground, il fait la fête dans un club gay installé au sous-sol d’une église polonaise. Personne ne le connait encore. Et puis un jour, dans le métro, il repère un panneau publicitaire vide, déserté par les annonceurs. Il a l’idée de dessiner dessus à la craie. Et il se met à le faire partout. 

Au bout d’une semaine, explique Keith Harring, les gens venaient me voir : j’ai vu ces dessins, ah c’est vous le type qui fait ces dessins, j’ai vu ces dessins !

Il a été repéré en une semaine. Il faut dire qu’il passait des journées entières dans le métro, dessinait, changeait de station, dessinait à nouveau. Un vrai boulimique de travail. Il fallait créer énormément pour capter l’attention. Faire de la concurrence à la pub, accrocher les regards. Voilà à quoi tient le succès, dans cette histoire. Et le succès fut impressionnant. 

Témoignages sonores inédits

1980 : on commence à l’inviter dans le monde entier pour réaliser des fresques. De Berlin à Sidney, l’artiste peint dans les rues, devant son public. Riche, célèbre, adulé, il est l’ami d’Andy Warhol et de Farrah Fawcett, il fait la fête plus que de raison, brûle la chandelle par les deux bouts et assume. Et puis en 1989, il est diagnostiqué positif au VIH. Il le révèle publiquement, à l’époque où le Sida était une maladie honteuse.

Se sachant condamné, il se confie pendant toute une semaine à son biographe, qui enregistre les séances : la voix de Keith Harring que l’on entend dans ce documentaire est issue de ces enregistrements sonores inédits.

Ce film galope, il va à 200 à l’heure, mais il est à l’image de l’homme. Keith Harring est mort en 1990 à seulement 31 ans, après avoir réalisé plus de 10.000 œuvres. Artiste prolifique ! Il a traversé les années 80 comme une comète, et ce beau documentaire lui rend un hommage aussi vibrant que les personnages qui peuplent ses peintures.

« Keith Harring, street art boy » : vendredi 28 août à 22h35 sur Arte. Ou dès maintenant sur le site d’Arte.

  • Légende du visuel principal: Keith Haring près du Checkpoint Charlie à Berlin © Getty / Stiebing/ullstein bild
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