Dernière chronique de la semaine et je ne pouvais pas vous quitter sans vous parler d' "Atlanta"… Mon coup de cœur télévisuel du moment, mon "crush" comme disent les jeunes. "Atlanta", série américaine diffusée en France sur le bouquet payant OCS.

Comme son nom l'indique, toute l'intrigue se passe à Atlanta, perdurant ainsi la longue tradition des séries géolocalisées par leur nom : Dallas se passe à Dallas, Marseille à Marseille, Santa Barbara à Santa Barbara, Alerte à Malibu à Malibu,...

Alors, pour tout vous dire, j'ai beaucoup hésité avant de vous parler de cette série. Et ce, pour une raison très simple : je suis beaucoup trop fan. Je n'ai pas assez de recul. Aujourd'hui, si vous me le permettez, je vais sortir de mon rôle de critique des écrans pour embrasser celui de missionnaire : je vais vous convertir à Atlanta.

Atlanta, pourquoi c'est génial ? 

Parce que cette série a su saisir le grain de l'époque pour y puiser mille et une histoires dans lesquelles nous nous reconnaissons tous.

Chaque épisode raconte quelque chose de différent. Et la diversité des personnages proposés permet à la série d'appréhender de nombreuses réflexions sur notre société.  

Le personnage principal, par exemple, Earn, est un jeune homme brillant qui a quitté la fac prestigieuse dans laquelle il étudiait, on ne sait pour quelle raison. Résultat : le monde tout entier lui tourne le dos et il se retrouve confronté à la précarité absolue. À travers ce personnage, c'est toute la question de l'avenir de la génération Y qui se pose...

Que faire lorsque l'on ne sait pas où aller ? Que faire lorsque l’on ne sait pas ce que l’on doit devenir ? À quel moment doit-on sortir de l'adolescence et affronter ses responsabilités ? Car Earn a beau être un jeune homme, il est aussi père d'une petite fille qu'il a eu avec Vanessa, une femme de son âge qui cherche, elle, à s'accomplir en tant que femme au-delà de son statut de jeune mère.

Et puis, on se demande aussi comment vivre dans un monde de Blancs lorsque l'on est Noir ? Et comment vivre parmi les autres Noirs des ghettos d'Atlanta lorsque l'on a fait des études ? Car Earn est Noir mais nulle part, il ne se sent à sa place. Je peux vous le dire : je n'ai jamais vu une série aborder avec autant de finesse la question raciale

Atlanta, c'est aussi une critique féroce des industries créatives et de la société du spectacle...

Parce que par la force des choses, dans la série, Earn devient manager de son cousin Alfred, rappeur connu sous le nom de Paper Boi...

Paper Boi, donc, rappeur on ne peut plus confidentiel. Enfin jusqu'à ce qu'il sorte un tube et qu'il se retrouve littéralement happé par la célébrité et par tout ce qu'elle implique en 2018 : les réseaux sociaux qui l'écrasent et l'industrie qui le voit comme un produit marketing et qui cherche à l’enfermer dans son rôle de voyou. Une situation qui le fatigue, lui qui a déjà du mal à s'extirper de la mélancolie du ghetto.

Et si la critique de la peopolisation et de l'industrie de la musique sonne aussi juste, c'est parce que le créateur de la série, Donald Glover, est aussi rappeur, et qu'il a, par le passé, pris ses distances avec le monde de la musique.

C'est ce même Donald Glover qui incarne Earn dans la série. Et il le fait avec un tel talent que l’on ne sait pas si on le préfère scénariste ou acteur. D'ailleurs, j'aurais peut-être dû commencer par là pour vous convaincre de regarder Atlanta. Il faut regarder Atlanta pour découvrir Donald Glover. C’est l’artiste du futur. Voilà c’est dit, maintenant vous savez ce que vous avez à faire ce week-end...

On retrouve tous les épisodes de la saison 2 sur OCS Go.
 

Légende du visuel principal:
Tyree Henry, Donald Glover, Lakeith Stanfield © Guy D'Alema/FX
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